Même avec 5 000 soldats supplémentaires Sangaris ne tiendra pas

 L’effectif des troupes françaises en République Centrafricaine passera de 1600 à 2.000. Elle compte aussi prolonger la mission du Sangaris, s’achevant dans trois mois, jusqu’en 2015. Cinq députés français se sont fait accueillir à Bangui par les nouvelles autorités centrafricaines pour évaluer la situation sur le terrain afin de remplir les formalités administratives avant le déploiement de 400 hommes supplémentaires qui seront détachés dans l’Ouest et le Nord centrafricain. De 200 hommes avant la crise en 2012, le nombre des troupes françaises a passé de 1600 en décembre 2013 et bientôt 2 000 en 2014. A combien le nombre des éléments français en Centrafrique en 2015 ? De qui émane l’idée de la révision en hausse de l’effectif et du prolongement de la durée de mission des soldats français en Centrafrique ?

CENTRAFRICA-UNREST-TROOPSCette idée ne proviendrait pas du peuple centrafricain comme l’a affirmé la présidente de la Commission française des affaires étrangères sur France24. « Les centrafricains ont trop demandé », a-telle dit. Elle aurait pu dire précisément : « Sous les injonctions de la France, la Présidente Catherine Samba-Panza a demandé ». Cette pensée serait une mise en bouche du ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian qui vient d’effectuer une visite de travail en République Centrafricaine la semaine dernière et qui aurait dépêché une délégation de députés français à Bangui à cet effet. Pourquoi les troupes françaises qui n’étaient pas à « vocation a duré en Centrafrique » comme l’a dit François Hollande en décembre 2013 doivent-elles restées encore jusqu’en 2015 ? Que les nouvelles autorités centrafricaines expliquent à leur peuple la nécessité du déploiement des 400 soldats français supplémentaires en Centrafrique avant celui des casques bleus. Que les autorités centrafricaines disent avec sincérité le pourquoi du prolongement de la mission du Sangaris sachant que cette force n’ a rien fait pour améliorer la situation.

A ce que l’on sait de part les faits, la situation sur le terrain dépasse les compétences militaires du Sangaris qui se plait à survoler le ciel centrafricain avec des hélicoptères pour prendre d’interminables images. Quand aux patrouilles françaises au sol, elles intimident moins encore que celles de la force panafricaine de la MISCA. Si les capacités de nuisance de la Séléka et des troupes tchadiennes de la MISCA sont temporairement réduites et que les centrafricains respirent peu à peu, c’est à cause des milices d’autodéfenses Anti Balaka et non des opérations militaires d’une quelconque force déployées dans le pays. Sangaris avait aux yeux de tous les centrafricains observé la politique de l’autruche quand les milices d’autodéfenses se confrontait à la Séléka dans différents arrondissements de Bangui et dans certaines villes du Centre et du Nord. Somme de tout, le Sangaris a déjà fait preuve d’incompétence donc même à plus de 5 000 hommes il ne fera pas grand chose en Centrafrique. Le peuple exige de ses nouvelles autorités de meilleures compréhensions sur l’augmentation de l’effectif des soldats français en Centrafrique qui viendront manœuvrer à leur manière dans l’Ouest et le Nord centrafricain. Pourquoi Sangaris ne ramasse pas ses clics et clacs après les trois mois qui lui reste ?

Johnny Yannick NALIMO

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