Michel Djotodia enfonce les clous et envoie une pique à François Bozizé.

Vendredi, 21 juin 2013 au Palais de la Renaissance, Michel Djotodia, président de la transition, a reçu les membres du bureau du Conseil National de la Transition (CNT) et les syndicats. Objectif, faire le compte rendu des déplacements qui l’ont conduits à Libreville au Gabon pour le compte du Sommet de la CEMAC et à Khartoum au Soudan.

dotoProfitant de l’occasion et répondant à une question qui lui a été posée par le conseiller Théophile Sonny Colé sur les frais financiers à payer aux éléments de la Séléka, Michel Djotodia, sans gant ni diplomatie, met les pieds dans le plat : « je n’ai pas signé un quelconque contrat financier avec un quelconque élément de la Séléka. Je met quiconque de la Séléka au défi de me présenter la preuve qui atteste du contraire ».

La déclaration est claire et nette : aucun pacte financier n’a été signé dans la rébellion donnant droit à des bonus financiers une fois, la Capitale centrafricaine conquise, si l’on s’en tient aux déclarations de notre cher président.

Face cachée

Plus déterminé que jamais, Michel Djotodia enfonce les clous et envoie une pique toute indiquée à François Bozizé. Comme pour lui rappeler les vieux engagements pris en 2003 envers les rebelles « Celui qui a signé un contrat financier avec les rebelles, c’est François Bozizé, pas Djotodia ». Autrement dit, ils n’ont qu’à voir avec Bozizé pour qu’il leur verse ce qu’il leur doit.

Par cette déclaration, Michel Djotodia, met fin au suspense et envoie des signaux aux éléments de la Séléka qui pensaient attendre empocher des millions de FCFA avant de regagner le maquis ou penser à autre chose.

Ce qui fait dire à Juce Kenguelewa, que « cette déclaration a le mérite de la clarté car elle révèle les petits secrets de la rébellion. On pensait qu’il y a eu un accord financier liant les rebelles à leurs leaders. Mais comme il n’en est pas le cas, comme le dit le président et leader de la coalition Séléka, rien ne justifie les menaces, intimidations, assassinats et autres pillages qui rythment le quotidien des centrafricains ».

D’ailleurs, en déclarant de manière péremptoire qu’il ne doit rien aux rebelles qui l’ont porté au pouvoir et faisant porter la responsabilité de l’engagement financier suite à ce coup d’Etat à François Bozizé, Michel Djotodia, viendrait de créer un précédent quelque peu fâcheux.

Précédent fâcheux ?

Certes, la vérité si cruelle a été dite mais ne risquerait-elle pas à terme, de servir la cause du président déchu ? On le sait, François Bozizé et les siens qui veulent coûte que coûte reconquérir leur pouvoir acquis des mains de « Dieu », n’hésiteront pas à financer même le diable si celui-ci leur promettait un retour au pouvoir. C’est dire que si François Bozizé acceptait aujourd’hui de mettre la main à la poche et de s’ouvrir aux déçus de la Séléka dont certains faisaient déjà partie de sa rébellion de 2003, il est à craindre que ceux-ci puissent accepter le défi et de se retourner contre Michel Djotodia, l’actuel patron de la Séléka.

Après tout, la politique n’est-elle pas une partie de poker ? Il n’y a que les intérêts qui comptent. Si François Bozizé sert aujourd’hui lesdits intérêts en acceptant de s’acquitter de sa facture impayée depuis 2003, il est à parier que la République, pourrait renouer avec la rébellion et autres actes de déstabilisation.

Avec le MOREPOL de Levy Yakité, ci-devant porte parole du président déchu, le calvaire centrafricain est loin de toucher à sa fin.

Qu’à cela ne tienne, cette déclaration du président de la transition, inspire tant de compatriotes qui se demandent à quelle sauce, seront-ils mangés par les indélicats de la Séléka. Toutefois, et même si la cruauté de la déclaration présidentielle a quelque peu choqué ou plu, il n’en demeure pas moins vrai que celle-ci a manqué de diplomatie. Ce qui fait dire à l’autre qu’il faut aujourd’hui oser aseptiser la communication présidentielle afin de lui donner une bonne dose de diplomatie qui évite parfois, des lendemains fâcheux même si des vérités doivent être dites.

Kangbi-ndara.net

                                    

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