Michel Djotodia remettra-t-il le pouvoir en 2016 ?

La question n’est peut-être pas d’actualité mais il faut bien se la poser pour espérer avoir dès maintenant les réponses afin d’avoir une juste idée de ce que sera la République Centrafricaine dans quelques mois, pour ainsi dire, la fin de la transition.

loSi sur le papier, il est déjà acté que les principaux dirigeants de la transition ne doivent pas candidater pour les échéances présidentielles à venir, il y a de sérieux doutes quant à la réelle volonté de Michel Djotodia, de remettre d’ici 18 mois, le pouvoir au président qui sera élu.

Il a suffit d’une simple phrase prononcé sur Vox Africa par le nouvel homme fort de la République, pour que les observateurs avertis doutent du sérieux pour ne pas dire de la sincérité d’un Michel Djotodia qui ne sait justement pas où il va. Cela est d’autant plus terrible d’arriver au pouvoir et ne pas savoir sur quel pied danser.

Bref, que disait notre président de transition au micro de Vox Africa ? «Je ne dis pas que je remettrai le pouvoir d’ici trois ans, mais d’ici trois ans, nous allons organiser les élections».  Réponse de Michel Djotodia au journaliste de Vox Africa qui voulait se faire une idée sur le retour à l’ordre constitutionnel en Centrafrique.

A la lecture, on s’aperçoit par un jeu de mot, une pirouette propre au président que l’homme caressait le pouvoir il y a bien longtemps. Et comme il a maintenant ce pouvoir entre les mains, il entend tout mettre en œuvre pour candidater lors des prochaines échéances électorales.

Mais Michel Djotodia, président « mal aimé » des Centrafricains à cause des crapuleries criminelles des rebelles de la seleka qui n’en finissent d’ailleurs pas, devra revoir sa copie s’il veut véritablement sauver sa peau au lendemain des élections présidentielle et législatives.

Même si la République Centrafricaine fourmille d’exemple de président qui renie leur parole donnée lorsqu’il accède au pouvoir à l’exemple du président déchu, le nouvel homme fort devra se dire que les Centrafricains de 2003 ne sont par ceux de 2013. De 2003 à ce jour, les choses ont changé, les mentalités ont évolué et la souffrance endurée par les filles et fils du Centrafrique pendant les 10 années écoulées, a fait d’eux, des réactionnaires qui ne veulent plus des menteurs comme président.

Et justement en 2016, les enjeux sont tellement importants que les futures échéances électorales seront des plus disputées et le candidat qui aura la possibilité d’être élu, sera véritablement le plus fort d’entre tous tant, la tâche qui l’attend ne sera pas si aisée. Car il aura à répondre de chacun de ses actes devant des Centrafricains plus éclairés que jamais et qui ont à cœur, le développement de leur pays.

C’est dire qu’il n’y aura pas en 2016 en Centrafrique, une place pour les petits malins qui ont des calculs mesquins derrière la tête et qui veulent s’accrocher ou parvenir au pouvoir afin de préserver leurs arrières.

Le prochain président centrafricain, se doit d’avoir une vision du devenir commun de la République et de sa place dans la sous-région. La République Centrafricaine d’après 2016 ne doit plus être cet Etat mendiant qu’il l’est en 2013 pour ne pas dire cette nation assistée qui ne vit que grâce aux subsides de ses voisins.

La communauté internationale sait déjà à quoi s’en tenir et elle devra, pour une fois, œuvré au respect du suffrage des filles et fils du Centrafrique qui en ont marre des coups d’Etat avec leur cohorte de destruction. Et Michel Djotodia à qui Idriss Déby a conseillé de respecter ses engagements pris devant la communauté internationale, sait déjà à quoi s’en tenir.

Fleury Koursany

 

 

 

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