Mohammed Dhaffane : de la « gloire » à la déchéance

Patatras, tel un sac de ciment qui tombe d’un grumier éclaboussant dans sa chute, quelques passants, Mohammed Moussa Dhaffane, le ministre d’Etat aux Eaux, forêts, chasses et pêches, numéro 4 du gouvernement d’union nationale, l’un des leaders incontestés de la coalition Seleka qui déposa le 24 mars 2013 le Général François Bozizé, le plus haut gradé de son armée a, lui aussi, été déposé ce 29 juin 2013 par Michel Djotodia, président de la transition.

dafanSi l’autorité du patron de la Seleka a toujours été sujette à caution, Michel Djotodia, en limogeant Mohammed Moussa Dhaffane, vient pour la première fois, d’affirmer son autorité. Une manière pour celui-ci de confirmer qu’il est le véritable patron de la coalition rebelle dénommée Seleka, qu’il est le chef incontesté et qu’il entend garder la main. Alerte à tous ceux des leaders de la Seleka qui pensaient qu’ils avaient les mêmes pouvoirs, les mêmes capacités que Michel Am Nondroko, « l’élu de consensus », désigné président de la transition par le Conseil National de Transition, cet autre machin de la transition aujourd’hui dans la tourmente.

La politique, un sale métier

Mohammed Moussa Dhaffane, l’ancien ministre d’Etat aux Eaux, forêts, chasses et pêches, l’homme qui se plaisait au sein de son ministère à manipuler un pistolet automatique au su et au vu des cadres de son Département, vient de vivre une expérience terrible. Du fond de sa résidence surveillée, il doit se dire que la politique, c’est vraiment un sale métier car aujourd’hui on connaît la gloire, les privilèges et le lendemain, on devient un simple justiciable comme les autres. Terrible n’est-ce pas la politique ?

Si officiellement, le patron de la CPSK (Convention des Patriotes pour le Salut du Kodro), mouvement rebelle dont Mohammed Moussa Dhaffane a crée est accusé de « malversations financières et recrutement de mercenaires », il n’en demeure pas moins vrai qu’il y a d’autres raisons soujacentes à ce brusque limogeage. Mohammed Moussa Dhaffane n’est-il pas ce leader de la Seleka qui, quelques jours avant son limogeage, demandait solennellement une réunion interne à la coalition actuellement au pouvoir afin de circonscrire le phénomène d’insécurité qui allait crescendo ?

En lieu et place de cette réunion interne, c’est plutôt la tête de Dhaffane qui a été mise hors d’état de nuire.

Déchéance

Bref, l’alliance n’a duré qu’un feu de paille d’autant plus que la gloire de l’ancien ministre d’Etat aux Eaux, forêts, chasses et pêches n’aura été aussi que de courte durée.

De la gloire à la déchéance, il n’y a visiblement qu’un pas. D’autres célébrissimes ministres d’Etat avaient en leur temps connu la même déchéance lorsqu’ils avaient tenté de commettre l’irréparable. Sylvain Ndoutingaï, l’ancien homme fort du régime Bozizé n’avait-il pas aussi connu la déchéance comme Firmin Findiro et Mohammed Moussa Dhaffane aujourd’hui ?

La gloire d’un homme ne dure pas longtemps, dit l’adage. Et en politique, la gloire n’a jamais été éternelle, elle finit toujours par poussé son bénéficiaire à la suffisance, à l’arrogance, l’extravagance et que savions-nous encore.

Mohammed Moussa Dhaffane, l’ex ministre d’Etat aura-t-il été victime de sa suffisance ou encore mieux de son arrogance envers le président ? Aura-t-il été pris à son propre piège ?

Personne ne peut aujourd’hui deviner avec exactitude, les raisons qui ont déterminé Michel Djotodia à se séparer de son allié. Dans ce feuilleton qui n’a pas fini de nous révéler ses faces cachées, il y a encore beaucoup d’inconnues. Des bizarreries même comme le dirait l’autre tant, des crimes de sang, des crimes économiques ont été commis par bon nombre de leaders de la Seleka à qui, une impunité royale a été garantie. Mais dans le cas Dhaffane, le président n’a pas hésité un seul instant à utiliser la manière forte.

Qu’à cela ne tienne, Mohammed Moussa Dhaffane croupit depuis une semaine dans une sorte de prison au Camp De Roux, juste à côté de la résidence de son ancien allié Michel Djotodia. Les deux camps affutent chacun ses armes et arguments leur permettant de clouer l’autre. Le peuple, lui, suit de près cette guéguerre des chefs rebelles. Pourvu que la paix sociale n’en prenne pas un coup.

Kangbi-ndara.net

 

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