Négociations de Nairobi : « la Présidente est bien informée et conviée », Lin Banoukepa

Kangbi-ndara.com / Le rideau tombe enfin sur une partie des inférences et allusions faites sur la rencontre politique des présumés bourreaux des centrafricains notamment les anciens présidents François Bozizé et Michel Djotodia à Nairobi. En effet, dans cet entretien, Me Lin Banoukepa, porte-parole et représentant de François Bozizé aux pourparlers contestés de Nairobi évoque un boycott raisonné de la part des autorités de Bangui, absentes à la table des négociations au Kenya en décembre dernier, et dit regretter le « positionnement politique non motivé de la Présidente de la Transition Catherine Samba-Panza envers l’ancien président Bozizé ».

Bonjour Me Lin Banoukepa, vous êtes le Président fondateur du PDI « Parti pour le Développement Intégral de la Centrafrique », Co fondateur et, Coordonnateur du FROCCA, Coordonnateur Général du BDRC « Bloc Démocratique pour la Reconstruction de la Centrafrique » et Représentant de l’ancien Président François Bozizé, vous êtes en concertation avec Mr Michel Djotodia à Nairobi dans la capitale kényane. Vous pouvez dire à nos lecteurs sur quoi portent ces négociations ?

lin BanoukepaLes présidents Bozizé et Djotodia sont conviés pour parler des crises armées dans notre pays. Les entités armées « Antibalaka et Séléka » sont aussi présentes.  Les organisateurs ont pris les précautions pour ne pas reproduire les désastres de Libreville au Gabon en 2013 ou, le FARE (Front d’annulation et de reprise des élections de 2011, ndlr) avait instrumentalisé la Séléka pour prendre le pouvoir exécutif par les armes en mettant notre pays dans un cycle infernal de violence inter communautaire et confessionnelle. Il est juste que des solutions interviennent entre les entités armées sans la présence de ceux qui attisent les feux, entretiennent les terreaux de la haine politique. Ceux qui veulent être président par élimination physique de leurs concurrents politiques valables. Ceux qui courent en Europe pour être désigner président ou représentant des institutions et intérêts d’ailleurs et non, des centrafricains, de la Centrafrique. 

Les objectifs visés par les organisateurs de ce dialogue fermé ont-ils été atteints ?

Oui, certes des frères africains sous l’autorité du Médiateur international, le Président Dénis Sassou N’Guesso ont organisé ces rencontres qui regroupent exclusivement les ci-dessus entités. Mais, la présidente est bien informée et conviée à ce que, je sache. Car, les organisateurs se sont transportés à plusieurs reprises à Bangui et, ont obtenu la sortie par avion des frères ayant pris les armes pour défendre la patrie. Nous tenons à rétablir si, nos compatriotes armés restent sur ces dynamiques de dialogue à repartir vers notre Médiateur avec des conclusions favorables pour une durable dans notre pays et non ces traquenards posés à Libreville au président Bozizé pour le virer du pour par le FARE en manipulant la Séléka.

En dehors du boycott évoqué, confirmez-vous l’information selon laquelle la cheffe du cabinet de la Présidente Samba-Panza, sa fille, Christelle Sappot aurait pris part aux débuts des négociations à Nairobi avant de s’éclipser quelques jours plus tôt ?

 Je n’ai pas vu personne de l’entourage de notre présidente ici. Il est certain que la présidente était bien au courant de cette initiative exclusivement  africaine sous l’autorité du Médiateur et de l’Union Africaine. Ce n’est pas, parce que nos alliés habituels ne sont pas là que, les nostalgiques s’alarment. Ce qui est important ici, c’est que des centrafricains ayant pris des armes se parlent en présences de nous, de nos deux anciens présidents, de nos frères africains. Le cadre politique y est : Union africaine, Médiateur africain. Ce sont ces derniers qui tiennent la Centrafrique en ses engagements pécuniaires….. 

Aux médias internationaux le Gouvernement dit ne pas être invité à se réunir avec les autres participants afin de schématiser ensemble le retour effectif de la paix et de la cohésion sociale en Centrafrique. Pourquoi cette exclusion ?

J’ai appris des organisateurs des travaux de Nairobi, le refus de Bangui de s’associer à nous pour la recherche de la paix dans notre pays car, ayant un objectif à atteindre qu’est l’exclusion de Bozizé du dialogue inclusif inter centrafricain, comment et avec quelle force ou courage politique viendront – ils à cette table des négociations. L’humilité n’étant pas leur vertu ni leur genre. La Centrafrique profonde ne les intéresse pas, nos pauvres sœurs, frères n’ont aucune considération pour nos politiciens qui s’excitent actuellement. Qui n’ont que pour objectif capter le pouvoir par tous moyens, tant pis pour la Centrafrique et les Centrafricains qui croient en eux.   

Les forces vives de la nation dénoncent aussi le caractère exclusif des concessions de Nairobi. Elles ont fait part de leur indignation par voie des médias. Ces réactions à contre-courant n’influencent-t-elles pas les clauses qui ont été arrêtées ?

Je ne comprends pas le sens de votre question. S’agit-il des mêmes centrafricains politiques qui ont refusé en juillet 2014 de se rendre au forum de Brazzaville ou de ceux qui veulent administrer autocratiquement notre pays ?  Ceux qui ont vampirisés notre démocratie en recourant à des manigances avec des forces étrangères ? Nous les connaissons et le peuple les ait à l’œil….

Le peuple centrafricain doit-il s’attendre à un « retour à l’ordre constitutionnel » en Centrafrique ou à une libération totale des villes occupées par les bandes armées représentées au plus haut niveau à Nairobi ?

Les négociations politiques appellent en principes, généralement à des concessions, des compromis pour arriver à des conclusions dans l’intérêt supérieur de nos populations et de notre pays. Le fait que nous ayons tous accepté de nous réunir à Nairobi pour nous parler est déjà un grand succès, un grand pas vers la paix inter centrafricain.  Pour l’entité Bozizé que, je représente, c’est l’occasion de signifier à nos compatriotes notre capacité à leur parler sous autorité de nos frères africains, de notre Médiateur et de l’outil africain qu’est « U.A » (Union africaine) contrairement aux allégations tendant à discréditer politiquement de dialogue.

L’on parle des complications d’ordre organisationnel, liées à la prise en charge des personnalités invitées à dialoguer au Kenya, ce qui serait la raison du refus opposé par le coordonnateur des antibalaka Patrice Edouard Ngaïssona. Qu’est ce qui flottait dans l’organisation ?

Il n’y a pas de difficulté particulière d’organisation, aucune difficulté au titre de nos prises en charge. Monsieur Ngaïssona, je n’ai pas de ses nouvelles ni, les motifs de sa non présences. Une chose est certaine, il a créé début décembre 2014 un parti politique donc, ne peut continuer à trôner comme porte-parole des antibalaka qui sont ici avec un chef de leur entité.

Le tête-à-tête Bozizé-Djotodia portait-il sur une troisième transition en Centrafrique ?

Depuis, le mois de novembre 2014, le groupe de contact et du suivi des accords de Brazzaville c’était rendu à Bangui sur instruction du Médiateur et, il a été confirmé notre incapacité à organiser dans le délai notre dialogue inclusif donc, notre incapacité à tenir les délais pour désarmer, mobiliser, sécuriser le pays pour aller à des élections avec des forces publiques exclusivement centrafricaines. D’où la décision de prolonger la transition jusqu’au mois d’aout 2015. Nous n’y voyons pas de difficulté politique pour que la présidente continue sauf en discuter pour une fin démocratique pour notre pays. La présidente n’est prise d’aigreur politique par notre entité, au contraire, nous lui avons toujours porté soutient. Le regret est son positionnement politique non motivé envers le président Bozizé qui ne trouve aucunement explication en la circonstance politique de notre pays…

Ne croyez-vous pas au sérieux et à la réussite d’un dialogue national inclusif en République centrafricaine dans les prochains mois ?

Nous n’avons pas d’autres moyens de résoudre nos multiples difficultés politiques et surtout de faire face à nos frères armés afin de sortir des violences qui sévissent sur le territoire national. La seule solution se nomme « un forum inclusif » inter centrafricain. Qu’il se tient dans 3 mois ou 6 mois, peu importe. L’essentiel, c’est de réunir tout le monde sans exclusion politicienne que de reproduire les attrapes nigogs de Libreville de janvier 2013 avec pour acteurs principaux, les politiciens, politicards en ce temps regroupés dans le FARE.

Le Médiateur Denis Sassou N’Guesso, vient de prolonger de 6 mois la durée de la transition à la demande formulée par le Gouvernement centrafricain. Ce prolongement cadre-t-il avec les stratégies de Nairobi ?

Nous œuvrons sous l’autorité du Médiateur. Nous respecterons les conclusions issues des accords de Nairobi et, elles seront soumises par les autorités africaines en charge de la paix dans notre pays et à la présidente.

D’après les coulisses des discussions de Nairobi, l’ancien  ministre délégué à la Défense Francis Bozizé et Michel Djotodia seraient prêts à supplanter la Présidente Catherine Samba-Panza. Cette inférence est-elle fondée ?

Pur phantasme. Nous œuvrons pour la paix en Centrafrique et non pour une conspiration contre le chaos existant dans notre pays.

Quelles ont été les conditions posées particulièrement par François Bozizé lors de ces négociations ?

Le retour à la paix et à la concorde nationale.

Des rumeurs inquiétantes circulent sur l’état de santé de François Bozizé qui souffrirait d’un cancer avancé. Respire-t-il la santé ?

Vous dites des rumeurs, ce sont des mauvaises langues, nos  compatriotes qui s’y adonnent sont de légèretés déconcertantes. Je dis à nos compatriotes que le président Bozizé est en bonne santé.

Quel jugement anticipé porteriez-vous sur les 365 jours de gouvernance Samba-Panza qui s’achèvent ce mois de janvier 2015 ?

Une année d’intriques sans progrès réels vers la paix ou, recherches réelles pour résolution des conflits armés dans notre pays. Ce qui était me semble-t-il sa mission première. Nous retiendrons que la présidente est dans une confusion d’objet réel de sa mission limitée dans le temps. Elle s’est prise ou considérée comme un élu du peuple alors que non.  Elle a été élue par un collège « CNT » (Conseil national de transition, ndlr) de compatriotes désignés en ce temps par Djotodia et Tiangaye sur des critères illégaux. Ces Messieurs et dames ont désignés une présidente de transition avec pour mission de ramener la paix et organiser les élections. Nous voilà aujourd’hui avec une présidente de transition qui lève des emprunts au nom de notre pays, qui initie des procédures pénales contre Bozizé pour l’empêcher de revenir dans son pays et rendre compte à sa population de ce qui s’est réellement passé afin qu’il déguerpisse du pouvoir, du pays comme un malfrat. Nous implorons dame, notre présidente de transition, à se ressaisir pour nous conduire vers la réconciliation des cœurs, la cessation des violences et le retour à la paix réelle et fraternelle. Ainsi, nous qui l’avions soutenu dès sa désignation à la magistrature suprême de notre pays, l’accompagnerons dans l’histoire de notre Centrafrique.

Maître Lin Banoukepa, je vous remercie.

Bonne année 2015 à tous mes compatriotes, mon vœux se résume ainsi : Paix, Amour entre nous fille et fils de Centrafrique. 

Propos recueillis par Johnny Yannick Nalimo

Comments

comments