Nicolas Tiangaye trouve 25 milliards pour les fonctionnaires, qui trouvera X milliards pour les guerriers de la Séléka ?

Tout un Centrafricain sait qu’à l’issue de sa dernière randonnée africaine, le Premier Ministre Nicolas Tiangaye a pu obtenir du peuple congolais (de Brazzaville) frère, la coquette somme de 25 milliards de francs CFA, destinés au paiement des salaires des fonctionnaires et agents de l’Etat, durant cette période transitoire. Une bouffée d’oxygène pour les autorités de transition. Mais où en est-on avec le dédommagement de ces guerriers de la Séléka qui empoisonnent la vie de ces autorités et des Centrafricains ?

tiangayeEn effet, la nouvelle a été rendue publique par le Premier ministre lui-même à son retour de Brazzaville où il a pu négocier et obtenir cette somme de 25 milliards de francs CFA pour garantir le paiement régulier des salaires des fonctionnaires centrafricains. Cette somme, tout le monde le sait, sera décaissée en deux tranches, dont la première tombera à la fin de ce mois de juin et la dernière tranche est programmée pour le mois de septembre 2013.

Il est évident que ce pactole tombe à point nommé, au moment où les autorités centrafricaines de transition peinent encore à asseoir leur autorité et surtout se débattent pour remettre les régies financières en marche.

Depuis le 24 mars dernier, date de l’intrusion de la coalition Séléka sur la scène politique centrafricaine, les points névralgiques qui génèrent habituellement de l’argent pour le fonctionnement de l’Etat sont occupés par les éléments de la Séléka qui jouent le rôle de douaniers, agents des impôts, du Trésor public, de la gendarmerie et de la police.

Il suffit seulement de faire un tour au niveau des Postes kilométriques (PK) 9, 12 et 26, puis au Bureau d’Affrètement Routier Centrafricain (BARC), aux douanes, au terminal des conteneurs et nous en passons, pour se rendre à l’évidence de l’occupation des lieux par les éléments de la Séléka, dont la plupart sont des néophytes dans ces différents domaines, mais seule la couleur de l’argent compte à leurs yeux.

Aussi, personne ne sait où vont les recettes qu’ils récoltent et combien récoltent-ils par jour, par semaine et par mois.

Dans un tel contexte, on comprend que les caisses de la transition soient désespérément vides et que les responsables de cette transition peinent à mettre cette transition à sa vitesse de croisière. Et, inexorablement, le temps s’écoule tranquillement. Il ne faut pas perdre de vue qu’un délai de 18 mois a été accordé pour cette transition en Centrafrique et que déjà 6 mois se sont écoulés à ne rien faire.

C’est dans le malheur qu’on connait les vrais parents, amis et connaissances. A ce titre, le geste de nos frères congolais de Brazzaville est à apprécier à sa juste valeur et à remercier avec sincérité, car 25 milliards pour payer les salaires en ces temps de crise financière mondiale et de crise sociale récurrente, c’est peut-être une première.

Tout cela est bien. Très bien même pour les autorités de la transition. Mais une grosse épine de plus de 150 cm de longueur reste plantée dans leurs pieds. Il s’agit du cas Séléka qu’il faille résoudre le plus rapidement possible afin d’assurer la quiétude générale.

En clair, il faut dédommager les éléments de la Séléka qui ont aidé à prendre le pouvoir à Bangui, pour qu’ils puissent s’effacer et laisser la voie libre à la conduite sereine de la transition. Car, nombreux sont ces éléments de la Séléka qui déclarent attendre leur dédommagement pour  foutre le camp et aller vaquer à leurs occupations antérieures à la rébellion. Lesquelles ? Facile à deviner. Nombreux vont certainement reprendre leur métier de Zaraguinas abandonné au profit de la coalition hétéroclite dénommée Séléka.

Pour les dédommager, il faut de l’argent. Mais où en trouver ? Là est la question principale qui tarabiscote toutes les têtes à se faire péter les méninges. Un véritable casse tête chinois pour les autorités de la transition.

Mais avec la même détermination qui a animé le Premier ministre Nicolas Tiangaye ayant conduit à ce gain de 25 milliards FCFA pour les salaires, il pourrait également dénicher un mécène ou un prêteur qui pourra aider le pays à résoudre cette équation Séléka qui empoisonne la société toute entière. C’est juste une question de volonté et de courage. On sait que cette volonté et ce courage ne manquent pas au trio de la transition (Djotodia, Nguendet, Tiangaye).

Si les fonctionnaires centrafricains sont désormais tranquilles, puisque assurés de percevoir leur salaire sans anicroches, les Centrafricains, surtout les paysans ont encore du souci à se faire, car ils sont constamment empêchés par les éléments de la Séléka de vaquer librement à leurs occupations.

On ne peut que souhaiter du courage aux autorités de la transition dans la recherche des solutions à ce problème Séléka. In fine, ce que l’on peut retenir, c’est que le Premier Ministre Nicolas Tiangaye a déniché 25 milliards de francs CFA pour le paiement régulier des salaires, mais l’argent indispensable au dédommagement des Séléka reste à trouver.

JL LECHAUCHEMAR

 

 

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