Pourparlers de Karthoum:  » l’amnistie, le partage du pouvoir et la naturalisation sont des points non négociables », Sébastien Wénézoui

Collectif des Centrafricains pour la Réconciliation

Déclaration relative aux pourparlers de KHARTOUM.

       Voici le moment venu, celui des résultats attendus du Dialogue exclusif de paix entre les 14 groupes armés et le gouvernement. C’est l’un des jours ou l’histoire retient son souffle. C’est un prélude au moment béni où les Centrafricaines et les Centrafricains, doivent s’exprimer en toute liberté, en toute franchise, mais aussi avec lucidité et clairvoyance pour appuyer le gouvernement représenté par le Ministre d’Etat,  Mr. Firmin GREBADA Directeur du cabinet à la Présidence devant l’ultime décision face aux « points saillants » de toutes les revendications de ces groupes armés à Khartoum à savoir :

       – l’amnistie générale ;

       – le partage de pouvoir (Primature et Autres postes) ;

       – l’attribution de Nationalité aux Mercenaires faisant partie de la Séléka.

 Cependant, il convient de rappeler à l’opinion nationale et internationale que plus d’une décennie, nous nous sommes retrouvés à plusieurs reprises, à la faveur de pourparlers inclusifs de paix et de réconciliation. A titre illustratif :

  •  En 1992, au grand Débat national;
  •  En 1997, dans le cadre de Dialogue motivé ou provoqué par les mutineries récurrentes de l’année 1996 ;
  •  En 1998, à la Conférence de Réconciliation nationale;
  •  En 2003, dans le cadre du Dialogue national ;
  •  En 2004, dans le cadre d’un Séminaire de leadership ;
  •  En 2005, dans le cadre d’un Dialogue d’application des accords de Libreville ;
  •  En 2008, dans le Dialogue politique inclusif de Bangui ;
  •  En 2014, dans le Forum pour l’accord de cessation des hostilités de Brazzaville ;
  •  En 2015, dans le Forum national de Réconciliation de Bangui dont les recommandations ne sont même pas encore appliquées et demeurent de vigueur.

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                                          Document édité par Sébastien WENEZOUI Président Fondateur du C.C.R

                                                             Tél : 75 46 43 91 /Email : sebawenezoui@gmail.com

Malheureusement, tous ces fora de Dialogues, entre autres, celui de Saint Egidio à Rome, n’ont pas permis d’ancrer la République Centrafricaine dans la paix et la stabilité comme en témoignent à présent, l’insécurité grandissante dans le Nord-Est du pays.

La probabilité montre qu’à chaque deux ans, correspond à chaque Dialogue qui ne profite pas aux Centrafricains depuis 1992 jusqu’à ce jour.

Aujourd’hui, le dernier pourparler est celui de Khartoum dont le pays attend le résultat avec impatience.

Il serait faux de dire que ce que nous dirons ou écrivons se soit écouté ou lu sans douleurs.  Mais c’est le propre du débat politique, qui peut être parfois très dur ou très choquant, mais qui doit être véridique puisqu’il est animé par des Hommes épris de valeurs de la Démocratie, la paix et  réconciliation : des Hommes placés au plus haut niveau pour défendre l’intérêt supérieur de la Nation.

  1. D’une autre manipulation.

Au moment où le Khartoum se préparait à ouvrir les négociations entre les 14 groupes armés et le gouvernement, sous la houlette de l’Union Africaine le 24 Janvier 2019 en vue d’aboutir à la signature d’un accord de paix globale, la Cour Pénale Internationale(CPI) a expressément procédé au transfèrement de Monsieur Patrice Edouard NGAÏSSONA à la Haye. Cette manœuvre est encore, l’une de ces mises en scènes, de façon à inciter les deux (02) branches Anti-Balaka (aile NGAÏSSONA et MOKOM), parties prenantes de ces assises de Khartoum, à boycotter le bon déroulement des travaux du Dialogue.

Or dans un récent point de presse organisé par le CCR le 31 Décembre 2018, nous avions demandé, au nom de la paix, à la CPI :

– de tenir compte de la fragilité de processus de paix déjà enclenché par le panel de l’Union Africaine, pour éviter de créer le sentiment de frustration, de rancœur et d’injustice à l’égard des ex leaders du mouvement Anti- Balaka, :

– de suspendre temporairement toute procédure judiciaire contre tout individu dûment mandaté par l’une des parties, pour participer au processus de paix, dans les différentes structures mises en place, afin de faciliter la sérénité des travaux du dialogue conformément aux principes directeurs de la feuille de route de l’Union Africaine.

Ce qui n’a pas été fait, et du coup, deux ex leaders Anti- Balaka  ont été déjà transférés à la Haie, au mépris des premières victimes qu’ils étaient.

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Document édité par Sébastien WENEZOUI Président Fondateur du C.C.R

     Tél : 75 46 43 91/ Email : sebawenezoui@gmail.com

  • De la récidivité de violence faite par la Séléka.

Au moment où, les discutions ont entamé entre le gouvernement et les 14 groupes armés à Khartoum, une faction d’un groupe armé de la Séléka a ouvert le feu sur la population à IPPY où au moins 13 personnes ont été criblées et tuées par balle, pas pour ce qu’elles ont fait, mais pour ce qu’elles étaient à la place mortuaire. Cette attitude témoigne leur volonté de continuer à commettre toujours les exactions sur les populations civiles, crée également un climat de méfiance et de suspicion et rend difficile tout projet de réconciliation.

Au vu des points énumérés ci-dessus, nous sommes obligés de faire une déclaration en prenant l’opinion nationale et internationale en ces termes :

l’amnistie générale n’est pas une option, mais  c’est un point déjà débattu lors des assises du Forum de Bangui conformément aux attentes du peuple Centrafricains pendant les consultations à la base.

 – le partage de pouvoir a été déjà fait, car dans le gouvernement actuel, six (06) représentants de la Séléka, et deux (02) représentants des EX Anti-Balaka y siègent, à moins que ces groupes armés veulent procéder aux remplacements numériques de leurs représentants respectifs. Le choix du Premier Ministre reste et restera la discrétion du Chef de l’Etat ;

– la CPI doit arriver à arrêter et transférer à la Haie, au moins deux leaders appartenant à la Séléka pour que la justice soit plus équitable, afin de panser les blessures pour oublier les souvenirs douloureux des autres et des victimes de guerres.

L’accord de paix, avant qu’il ne soit signé par toutes les parties, devra être minutieusement examiné point par point, et amendé par les forces vives de la nation en présence de la communauté internationale;

     – un comité de suivi et d’évaluation des recommandations du Dialogue de

       Khartoum doit être mis en place avec un calendrier précis du DDR. Ce comité

       doit rendre compte régulièrement au Président de la République du non-respect

       des engagements par les parties signataires.

    –  le Président de la République doit ouvrir les yeux sur l’attitude de l’Union                      Africaine avant de prendre une décision sage pour ne pas qu’il tombe entre le « marteau et l’enclume ».

Fait à Bangui le, 30 janvier 2019

Le Président du CCR

Sébastien WENEZOUI




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