Présidentielle 2015 : deux anciens premiers ministres, deux candidats de la France

Kangbi-ndara.com /  C’est probablement une information choque pour les candidats pressentis à la présidentielle prochaine en République centrafricaine (RCA). La France percevrait chez un ancien chef du Gouvernement centrafricain, d’une impopularité politique relative sur le plan national et international, des valeurs et qualités qui fédéreraient à nouveau les centrafricains autour d’un idéal qu’est le vivre ensemble froissé par la crise militaro politique déclenchée en décembre 2012 par l’ex rébellion de la Séléka. Mais, cette même France a encore promis de soutenir un autre ex Premier ministre centrafricain !

zizaDans une de nos publications en date du 20 décembre 2014, des indices imprécis ont été donnés sur un homme politique centrafricain qui prendrait des cours de bonne gouvernance au frais de l’Etat français et, pour qui certains leaders politiques locaux, dont l’ancien ministre de l’Agriculture et du Développement rural, Fidèle Gouandjika et deux autres candidats dont les noms sont occultés auraient reçus, distinctement, de quelques conseillers français des consignes contraignantes relatives à la candidature de ce personnage qui était aux affaires en RCA pendant les quatre dernières années du régime de François Bozizé. Cet homme parti en France depuis Avril 2013, n’est rentré à Bangui qu’en décembre 2014.

En effet, le suspens ne saurait durer car, de sources politiques centrafricaines diverses, le plausible successeur de Catherine SambaPanza est l’ancien recteur de l’Université de Bangui, haut cadre du parti travailliste KNK (Kwa Na Kwa) nommé Premier ministre en 2008 par l’ancien Président François Bozizé, de l’ethnie Nbgakamandja  (Centre-sud). Même si l’on ne peut estimer les raisons d’un tel choix faute d’accès aux sources, le docteur en mathématique Faustin Archange Touadera, pressenti candidat du KNK  aux élections présidentielles et législatives prochaines serait celui que Paris aurait modelé pendant ses 20 mois d’exil en France afin qu’il fasse face à la montagne des maux dans lesquels la RCA baigne depuis plus de deux ans.

Pour la reconduction du KNK au pouvoir derrière le profil d’A.F Touadera, l’ancien président centrafricain François Bozizé, susceptible de comparaitre  à la Cour pénale internationale (CPI) pour sa probable implication dans la crise centrafricaine, serait dans le pressoir des politiques français. « Tout est préparé pour qu'il soit le prochain président élu de la RCA. Des pressions sont en train d'être faites sur Bozizé pour qu'il se prononce en faveur de Touadera contre des arrêts de poursuites judiciaires…Il va être président sûrement si Bozizé demande au KNK de le soutenir », révèle une personnalité politique centrafricaine qui requiert l’anonymat. Cette même source d’indiquer que l’ancien Bozizé serait jusqu’ici indécis, il préférerait donner son soutien à la candidature de la jeunesse montante et responsable qu’aux celles de l’ancienne classe politique.

Ce mistigri électoral présente des ambiguïtés de parrainage indistinctes. Le 20 novembre 2014 le Parti Socialiste français (PS), par le biais de son 1er secrétaire Jean-Christophe Cambadelis, a rassuré le MLPC (Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain) de Martin Ziguélé de son soutien conséquent. «… je tiens à t’exprimer notre soutien en ta candidature et à te réitérer toute notre confiance en tes capacités pour mener à bien cette campagne électorale qui s’annonce difficile au vu des enjeux sécuritaires qui persistent dans une grande partie du territoire national », entrefilet du missive du 1er secrétaire du PS au président du MLPC, principal parti rival du KNK.

Dans ce jeu de polygamie politique made in Elysée, le préférentiel prête à confusion. Qui de Touadera et Ziguélé est véritablement l’homme providentiel de la France qui serait  imposé au peuple centrafricain ? Attendons de voir !

Johnny Yannick Nalimo

 

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