Proclamation de la République, discours de Catherine Samba-Panza

centraf-infos.overblog.com/ Comme à l'accoutumée, le Chef de l’État de la transition, a, prononcé un discours à l'occasion du 57ème anniversaire de la proclamation de la République Centrafricaine. Dans son discours de circonstance, Catherine Samba-Panza, appelant à une union sacrtée autour de la transition, a précisé que « les évènements tragiques des 26 septembre et 26 octobre 2015 ont démontré à quel point les centrafricains et centrafricaines ont tourné le dos à Barthélémy BOGANDA, à ses idées-forces comme:‘’la force du droit contre le droit de la force’’, "l'unité source de vie contre la division source de mort". Ci-dessous publié, l'intégralité de son discours…


Centrafricaines, Centrafricains, Chers Compatriotes,

Nous célébrons ce 1er décembre 2015, le 57ème anniversaire de la proclamation de la République par Feu Barthélémy BOGANDA, qui a donné au peuple centrafricain les fondements juridiques d’un Etat. Les anniversaires passent mais ne se ressemblent pas, surtout en cette fin d’année 2015 où notre pays reste gravement confronté à d'importants défis, oubliant les valeurs fondatrices de notre République que sont l’Unité, la Dignité, le Travail ainsi que les valeurs républicaines de tolérance, de respect de la personne humaine et d’amour du prochain, dans la liberté et la démocratie.

Les évènements tragiques des 26 septembre et 26 octobre 2015 ont démontré à quel point les centrafricains et centrafricaines ont tourné le dos à Barthélémy BOGANDA, à ses idées-forces comme: ‘’la force du droit contre le droit de la force’’, "l'unité source de vie contre la division source de mort", privilégiant de loin la violence physique et meurtrière qui ne peut conduire qu’au chaos. Une minorité d’extrémistes ont choisi la violence et la terreur comme modes d’accès au pouvoir, violant ainsi le principe démocratique universel du pouvoir dans les urnes et par les urnes. C’est pourquoi, la résurgence ces derniers jours d’une violence omniprésente interpelle l’ensemble du peuple centrafricain meurtri et divisé.

Chers Compatriotes, le destin de notre pays nous appartient en premier lieu. Il nous revient de nous en approprier afin de braver comme un seul homme, les nombreux défis auxquels nous faisons face, notamment la fin de cette Transition combien difficile et périlleuse à plus d’un titre. Aujourd’hui, le peuple Centrafricain vit dans l’espérance du retour durable de la sécurité sur toute l’étendue de son territoire, de l’organisation des élections libres, transparentes et démocratiques et au final, d’un retour à l’ordre constitutionnel avec des dirigeants élus qui présideront à sa destinée et assureront son bien-être au quotidien.

Nous devons capitaliser la confiance dont la Communauté internationale nous honore, au travers de plusieurs de ses initiatives multiformes et qu’il faudra préserver de la lassitude. Une fois encore, dans son ensemble, elle a été unanime pour rejeter l’idée aventuriste d’une 3ème Transition agitée par un groupuscule de compatriotes. Ainsi, la Session extraordinaire des Chefs d’Etat et de Gouvernement de la CEEAC, tenue à Libreville le 25 novembre 2015, a décidé d’une extension technique de la Transition du 31 décembre 2015 au 31 mars 2016, pour permettre aux Autorités de la Transition, dont les efforts concrets sont reconnus et continuent d'être soutenus, de parachever cette Transition par la tenue d’élections crédibles, apaisées et transparentes.

Au nom du Peuple Centrafricain tout entier et de toutes les Autorités de la Transition, je salue cette décision responsable qui prend en compte les véritables réalités du terrain ainsi que les questions sécuritaires et financières. Le Peuple Centrafricain ne pouvait espérer mieux pour assurer un retour apaisé à la légalité constitutionnelle.

Il va sans dire qu’il ne s’agit pas d’un cadeau gratuit fait aux Autorités de la Transition, mais d’un appel pressant à plus de responsabilité et de courage politique, pour mettre un terme à la présente Transition dans de bonnes conditions. Certes, cette décision for appréciable ne rencontrera pas l’agrément de certains compatriotes. Plaise à Dieu qu’ils reviennent à la raison et prennent le train du processus devenu irréversible. Les filles et fils de ce pays doivent comprendre définitivement que ce n’est pas par les armes et la violence qu’ils peuvent construire leur pays et leur bonheur collectif.

Que ceux qui ont semé les graines de la désunion, de la méfiance et de la violence reviennent à la raison. Mes chers compatriotes, Nous devons faire acte de sursaut patriotique afin de relever notre pays qui est tombé bien bas, au fond de l’abîme. Nous devons démontrer notre volonté de jeter la hache de la guerre, de rejeter la haine, les divisions de tous ordres et nous donner la main dans la fraternité et l’unité. Nous devons adopter une attitude de paix, de miséricorde et de dignité.

Nous n’avons plus d’autre choix que de remonter la pente. Je sais que nous en sommes capables ; la démonstration en a été faite plus d’une fois. C’est pourquoi, j’en appelle, une fois de plus, à vous tous, hommes, femmes, jeunes, chrétiens, musulmans, animistes Centrafrique, à resserrer les rangs, à réaliser une ‘’Union Sacrée’’ autour de la Transition pour lui donner toutes les chances de prendre fin dans 4 l’unité, la paix et la réconciliation.

Nous devons rester mobilisés pour reconstruire notre cohésion nationale. Nous venons d’avoir une formidable chance avec la visite du Souverain Pontife qui est venu prêcher la Bonne Nouvelle de l’Unité, de la Réconciliation, de la Justice et du Pardon. Transformons sa bénédiction en une nouvelle espérance pour une Centrafrique unie et en paix. Chers compatriotes, Dans le contexte national actuel, une fois encore je n’ai pas voulu organiser des manifestations fastueuses pour célébrer ce 1er décembre 2015.

J’ai pris la mesure des priorités de notre pays et ai décidé que la fête de cette année se fasse encore de la manière la plus sobre possible, en solidarité avec tous ceux qui souffrent dans ce pays. Mais cette célébration dans la sobriété de ce 57ème anniversaire sera marquée par le déplacement des Ministres résidents dans nos seize (16) préfectures.

Ils auront ainsi l’occasion de plaider pour le vote du projet de la Constitution et de manifester la présence de l’autorité de l’Etat dans l’arrière-pays. Cette allocution m’offre aussi l’occasion d’appeler les partis politiques, la société civile, les communautés religieuses, les groupes armés, les femmes et les jeunes à se mobiliser pour les scrutins imminents du mois de décembre 2015.

Je vous exhorte encore solennellement à vous unir aux Autorités de la Transition pour aller résolument aux élections et ramener notre pays dans l’ordre constitutionnel en 2016. Malgré le contexte difficile, je souhaite une bonne fête du 1e décembre à toutes les Centrafricaines et à tous les Centrafricains où qu’ils se trouvent et leur demande de se réjouir dans la dignité.

Je félicite d’ores et déjà tous ceux des compatriotes qui recevront des distinctions honorifiques à l’occasion de ce 1er décembre 2015. Que ceux qui ont été oubliés prennent patience. Nous les rassurons que ces manquements seront rattrapés à l’occasion des fêtes de fin d’année.

Vive la République Centrafricaine !

Vive le peuple Centrafricain !

Que Dieu bénisse la République Centrafricaine !

Je vous remercie.

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