Que veulent les Anti-balaka ?

Petit entretien avec ceux qui se disent les défenseurs du peuple centrafricain.

Depuis le 5 décembre dernier, Bangui est devenu un champ de bataille. Bataille entre la Séléka et les anti-balaka, avec au milieu les communautés chrétiennes et musulmanes comme victimes principales.

anti-balakaQui sont ces anti balaka qui ont déclenchés les hostilités dans la capitale ayant poussé le Président et le 1er Ministre de la transition vers la porte de la démission ? Quelques éléments de ce milice ont bien voulu répondre, sous anonymat, a nos questions, « Nous représentons le peuple opprimé, nous combattons pour survivre et pour notre liberté face aux envahisseurs étrangers  ».  Voila comment ils se définissent. Les « représentants du peuple » ? Sur ce point les avis divergent.

Une partie du peuple les applaudissent alors qu’une autre les condamnent et les assimilent a la seleka. « Nous ne sommes pas ainsi, c’est la barbarie de la seleka qui nous a poussé a nous rebeller. Nous, on ne combattait que la seleka et leurs complices qui ont des armes et qui nous combattent aussi. Mais au fur et à mesure, ce sont ralliés des personnes qui ont l’esprit revanchard parce qu’ils ont tout perdu à cause de la seleka. Ce sont ceux là qui s’en prennent aux civils non armés ». Éparpillés dans la capitale, les anti-balaka eux-mêmes ne se reconnaissent plus très bien.  « On n’était pas si nombreux mais maintenant l’effectif à tellement augmenté  qu’on ne sait plus qui est qui ». «  Moi-même j’ai failli être tabassé par d’autres anti-balaka parce que venant du nord, j’ai l’accent et la ressemblance avec les tchadiens ou soudanais ».

Dans les bases ou check point,  nombreux sont armés de simples gourdins ou de couteaux, quelques rares ont des armes de fabrication artisanales et plus rares encore sont ceux qui ont des armes modernes. « Nos armes nous les avons récupérées après nos batailles.  On dit partout que nous sommes soutenus par Bozizé et ses fils mais moi personnellement je n’y crois pas. On s’est battu nous-mêmes par nos propres moyens pour en arriver là alors pourquoi nous traiter de milice pro-Bozizé ? ». Concernant la hiérarchie dans ce groupe, le flou reste total. Mais comme ils se plaisent à le dire, « nous avons nos chefs direct ». Dans les rangs de ces anti-balaka, on peut voir certaines filles, mais chose plus surprenante, il y a aussi une maman d’une quarante d’année environ. « Ici à Bangui je ne sais pas où elle est basée mais je sais d’où elle vient. Elle a perdue ses trois fils et son mari, tous tués par la Séléka. Sa maison et son champ détruits, elle s’est décidée à se battre avec son petit fils sur le dos ».

Des FACA se sont ralliés aux anti-balaka, c’est certain, ils veulent même reprendre la situation  à leur compte mais certains éléments anti-balaka ne voient pas ça d’un bon œil. « Nous ne voulons pas entré dans l’armé, nous souhaitons juste le rétablissement qui nous permettra de rentrer chez nous en toute tranquillité et reprendre nos activités agricoles ». Pour la transition, beaucoup ne veulent pas de Bozizé ni de ses proches. «  Nous voulons un nouveau visage  neutre pour mener la transition et nous attendons voir ». Tous attendent voir. Ce calme sur la ville de Bangui est il un bon présage ? Est-ce le calme avant ou après l’orage ? FACA et anti-balaka finiront comment ? Les anti-balaka de Bangui (très nombreux), comment les gérer après le conflit ? Tant de questions qui restent posées. Qui vivra, dira.

Wilikoesse Yves

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