Rachèle Ngakola, répondez: qui sont les membres du gouvernement de Mahamat Kamoun qui ont abandonné leur poste pour soutenir Dologuélé?

Comme le ridicule ne tue plus étant entendu qu'il est devenu un état d'esprit, n'importe qui – même des cafards peuvent se permettre le luxe de prendre part au débat politique dans ce pays dans lequel tout est politique. Ne peuvent exister et s'enrichir en Centrafrique, que ceux qui s'adonnent à la politique même s'ils n'y connaissent rien.

Dans ce pays de paradoxe et de records négatifs comme le disait feu Me Zarambaud Assingambi, il n' y a que les médiocres qui sont promus à des postes de responsabilité et qui peuvent en fin de compte faire des leçons de morale sinon de politique à d'autres. Normal puisque la classe politique centrafricaine est tellement médiocre, corrompue, avilie que la politique au sens propre du terme a perdu ce qu'elle a de « noble » pour finalement être « ce qu'elle est ».

Dans ce décor quelque peu reluisant, le peuple a décidé en toute « souveraineté » – espérons-le – de confier sa destinée au Pr Faustin Archange Touadera, déclaré vainqueur de l'élection présidentielle avec plus de 62 % de suffrages valablement exprimés. 

Si les deux finalistes ont finalement compris qu'il est de leur devoir de préserver la paix encore très fragile dans notre pays, ils ont fait ce qui devait l'être pour que le pays ne renoue justement pas avec la crise. Et une crise post-électorale dans le contexte qui est le nôtre pourrait être hautement suicidaire. Heureusement, nous n'en sommes pas arrivés à ce niveau. 

« les moyens matériels de l’Etat, ses ressources financières, les Hauts responsables de l’Administration, notamment les Ministres Conseillers à la Présidence, les Préfets et Sous-Préfets, la Directrice Générale des Douanes etc… ont été mobilisés au service de la triche afin d’empêcher, par tous moyens, mon élection. L’ANE n’a pas joué son rôle d’organisateur impartial des élections», aurait déclaré Anicet Georges Dologuélé, candidat arrivé en seconde position de ce second tour de la Présidentielle. La gorge sérrée – pour ceux qui ont suivi la déclaration du candidat de l'URCA (Union pour la Renaissance Centrafricaine) quelques minutes après l'annonce de l'Autorité nationale des élections, Anicet Georges Dologuélé – malgré tout, a appelé à « reconnaître Faustin Archange Touadera comme le nouveau président de la République Centrafricaine et à lui apporter le soutien nécéssaire ».

En retour,  Faustin Archange Touadera – le nouveau président a salué le « fair-play politique de son challenger ». Quelle belle démonstration d'humilité politique pour celui qui est déormais le président de la RCA.

Nonobstant ce « fair-play politique » des deux fils de la République Centrafricaine que sont Faustin Archange Touadera  et Anicet Georges Dologuélé, des inconditionnels, poussés par quel zèle veulent visiblement briser cet élan en essayant de remuer le couteau dans la plaie. C'est en cela que s'inscrit – à mon humble avis, « la réaction de Rachèle Ngakola contre l'accusation d'un candidat malheureux Anicet Georges Dologuélé », publiée sur un site centrafricain.

Etait-ce vraiment opportune qu'une telle déclaration soit faite pour être publiée ? Que vise-t-elle ? En tout cas, je m'interroge. Abstraction faite de tout commentaire, que dit Rachèle Ngakola dans cette réaction ? 

« C’est avec consternation que j’ai suivi cette déclaration  dans laquelle j’ai été nommément citée en ma qualité de DG des Douanes qui aurait joué un rôle déterminant dans son échec cuisant. Il est vraiment malheureux, pour notre jeune démocratie, qu’un homme politique puisse utiliser de tels arguments pour expliquer son échec. Ces élucubrations appellent pour moi les observations suivantes :

1°) Je voudrais rappeler à Mr DOLOGUELE que des réunions ont été organisées par certains hauts responsables de voter pour lui ;

2°) Des Membres du Gouvernement et des Hauts Fonctionnaires connus ont abandonné leur poste, sans aucune mise en disponibilité, pour battre campagne pour le Sieur DOLOGUELE avec les véhicules de l’Etat ;

3°) Des collectes des fonds ont été organisées par le patronat pour soutenir le candidat DOLOGUELE aux fins de se mettre à l’abri des fiscs pendant le règne du prochain Président de la République ;

4°) Des rencontres nocturnes ont été organisées par lui-même, par certains Membres du Gouvernement pour la mobilisation des ressources nécessaires à la campagne du candidat de l’URCA.

5°) Il est de notoriété publique que plusieurs Membres du Gouvernement, des Hauts cadres de l’Administration sont vus à ses côtés et régulièrement dans son QG. Et, j’en passe. Tout cela n’a choqué personne… ».

« Qui se sent morveux se mouche », dit l'adage. Peu-importe, mais cette réaction soulève des questionnemments.

Quels sont ces membres du gouvernement de Mahamat Kamoun et des hauts responsables qui ont « abandonné leur poste, sans aucune mise en disponibilité, pour battre campagne pour le Sieur Dologuélé avec les véhicules de l’État ? Rachèle Ngakola peut-elle nous donner le nom des personnalités du patronat qui auraient soutenu Dologuélé pour éviter le fisc ? Qui sont encore les membres du gouvernement qui… ?

Une réponse de sa part nous serait d'une grande utilité car ce n'est pas un hasard si rachèle Ngakola avoue que des membres du gouvernement ont abandonné leur poste et utilisé les moyens de l’État pour battre campagne pour un candidat. Vouloir soutenir un candidat pour se mettre à l'abri du fisc sachant que l’État centrafricain est « fiscaliste », c'est suicidaire pour notre pays n'est-ce pas ? Le premier ministre Mahamat Kamoun ferait mieux de situer l'opinion publique sur cette déclaration faite par la Directrice générale de la douane.

Mais en attendant que Faustin Archange Touadera puisse « nettoyer son écurie » pour mettre hors d'éTat de nuire des médiocres qui gravitent dans son sérail, croisons les bras et prions le ciel pour que ces politiques sans scrupules ne soient pas reconduits dans le gouvernement ou nommés à des postes de responsabilité. Plus que jamais, Touadera devra apprendre à réciter par coeur comme un enfant de coeur, cette célèbre chanson intitulée « l'homme qu'il faut à la place qu'il faut ».

Chantal Nabozoumna

 

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