RCA/Crise : « sans l’engagement de Paris, on allait tout droit au génocide », Abdou Diouf

Kangbi-ndara.com /  Le président de l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF), ancien Chef de l’Etat sénégalais, Abdou Diouf juge salvateur l’intervention française en République centrafricaine (RCA) car « Ce que la France a fait, c’est ce qu’il fallait faire.

Abdou DioufDans un entretien avec la presse sénégalaise (L’Expresse), l’homme de la francophonie Abdou Diouf s’est brièvement prononcé sur les interventions des troupes françaises, entre autres, au Mali (Serval) et en République centrafricaine (Sangaris).

Si en Centrafrique l’engagement français d’enrayer les violences est pointé du doigt par la population, contrairement au Mali, en raison des tournures meurtrières qu’ont prises la crise, début décembre 2013, en présence de plus de 400 soldats français au sol, mandatés exclusivement pour la protection des intérêts de la France dans le pays, Abdou Diouf n’a pu s’empêcher de saluer la justesse réactionnelle dont fait montre Paris dans deux de ces anciennes colonies.

« Ce que la France a fait, c'est ce qu'il fallait faire. J'étais à l'Elysée le jour où François Hollande a lancé l’opération Serval. S'il avait tardé ne serait-ce que quelques heures, les hordes djihadistes auraient fondu sur Bamako et le Mali serait devenu un Etat islamiste. En  Centrafrique, sans l'engagement de Paris, on allait tout droit au génocide…Tant que nos armées ne seront pas au niveau, nous aurons besoin de l'appui de la France et des pays du Nord », propos d’Abdou Diouf à L’Expresse.

Par contre la République centrafricaine, malgré un important effectif de casques bleus déployés pour la pacification du pays, en plus de quelques 2000 soldats français de l’opération Sangaris, reste considérablement paralysée sur le plan sécuritaire. La périodicité des violences animées par les groupes armés et de l’occupation d’environ 65% du territoire par l’ancienne rébellion de la Séléka demeure les principaux points faibles du pouvoir transitoire en place mais aussi des forces étrangères noblement chargées de rétablir l’ordre dans le pays.

Certes le génocide écarté mais au regard de la persistance des violences, l’opinion nationale reste sceptique sur la qualité des opérations menées par les troupes françaises en vue d’un retour effectif de la paix et de la sécurité. Pour la majorité de centrafricains, seule l’opérationnalisation des Forces armées centrafricaines (FACA) dénouera la crise en cours. Une initiative récemment autorisée par l’exécutif de la Transition.

Johnny Yannick Nalimo

 

 

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