Regain de violence à Bangui : suspension des préparatifs du voyage du Pape François en Centrafrique

La délégation d’experts romains chargés de préparer le voyage du pape en Centrafrique, et qui devaient se rendre à Bangui dans la première quinzaine d’octobre, a pour l’instant suspendu l’organisation de sa visite, a appris La Croix.

pape fLe pape François doit en effet se rendre en Centrafrique, les 29 et 30 novembre prochains, à la suite de ses déplacements au Kenya (25 au 27 novembre) et en Ouganda (27 au 29 novembre).

36 morts et 30 000 déplacés

Mais depuis le 26 septembre, Bangui fait l’objet de graves troubles, qui ont fait au moins 36 morts et près de 30 000 déplacés dans la ville – placée sous couvre-feu.

« La population banguissoise compte ses morts et déplore la perte de ses biens », explique ainsi Mgr Nestor-Désiré Nongo-Aziagbian évêque de Bossangoa, une ville située à 300 km au nord de Bangui. Dans un témoignage parvenu à La Croix, il poursuit : « C’est la désolation et un grand retour en arrière avec une grande partie de la population qui se retrouve malgré elle dans des camps de fortune, surnommés Ledger, et dans des paroisses et centres religieux. »

Pillages et destructions

L’évêque a été témoin des violences, alors qu’il était à Bangui à l’occasion d’une réunion du Conseil permanent de l’épiscopat centrafricain, entre le 22 et le 24 septembre. « J’ai pu rentrer à Bossangoa le samedi dernier avant que la ville ne soit complètement bloquée », écrit-il.

Selon lui, l’église catholique Saint Michel, dans la capitale, a ainsi fait l’objet de « pillage et destruction », tout comme la résidence du président de l’Association des Évangéliques de Centrafrique, le pasteur Nicolas Guerekoyame-Gbangou.

Radio musulmane

L’évêque indique que le siège de la radio Ama, qui dépend de la communauté musulmane, ainsi que celui de la Caritas diocésaine de Bangui, ont été visés par les pillards. C’est aussi le cas « d’autres ONG internationales établies à Bangui », précise encore Mgr Nongo-Aziagbian

« Les démons de la violence, des destructions et du vandalisme ont certes pris le dessus. Dieu merci la situation est en train de s’apaiser. Le calme revient petit à petit. Mais le dégât est irréversible », écrit encore Mgr Nongo-Aziagbia.

Tentative de putsch ?

La nuit du mercredi 30 au jeudi 1er octobre a été calme, selon des habitants joints par l’AFP et jeudi matin la grande majorité des barricades érigées par des groupes de manifestants depuis le week-end avaient disparu.

La présidente centrafricaine de transition, Catherine Samba Panza, a qualifié de « tentative de prise de pouvoir par la force » les violences qui ont éclaté samedi à Bangui, dans une allocution diffusée par la radio nationale mercredi soir, peu après son retour dans la capitale.

La Centrafrique avait plongé dans la plus grave crise de son histoire après le renversement en mars 2013 du président François Bozizé par Michel Djotodia, à la tête d’une rébellion à dominante musulmane, la Séléka.

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