Remaniement ministériel annoncé, les ministres tremblent

Ils tremblent déjà à l’idée de quitter le gouvernement Tiangaye qui aura battu tous les records en ce qui concerne les remaniements. Installé à peine deux mois, le deuxième gouvernement Tiangaye sous le régime Seleka devra encore être remanié. Ainsi l’avait recommandé, le dernier sommet de la CEEAC qui s’est tenu à N’Djamena, Capitale du Tchad.

tiangayeLe premier ministre qui aurait pu procéder au remaniement avant le sommet de Brazzaville, avait entre temps entrepris un périple mondial qui l’a empêché de procéder à ce remaniement ministériel tant il avait certes les pleins pouvoirs mais devra aussi satisfaire les exigences de Michel Djotodia Am Non Droko qui entend ne pas laisser Nicolas Tiangaye semer la zizanie tant, comme ils le disent eux-mêmes, ils ont combattu et doivent aujourd’hui profiter du maigre gâteau centrafricain. Et quand on sait que la danse autour de ce gâteau centrafricain devenu petit se fait avec les couteaux entre les dents, comme le disait une personnalité centrafricaine, il n’y a qu’à observer les ministres et autres ministrables, se rentrer dedans dans l’optique de préserver leur poste ou d’y faire leur entrée.

Dans cet ordre d’idée, le président de la transition n’a-t-il pas avoué qu’il a des frères dans le gouvernement Tiangaye ? Naturellement, il faut tenir compte d’eux n’est-ce pas ?

A la question du journal français, Nouvel Observateur lui demandant de satisfaire cette exigence de la communauté internationale qui voulait un gouvernement plus représentatif de toutes les parties prenantes aux négociations de Libreville, notre cher Président déclare sans sourciller que « Tout le monde veut être ministre.
Même si on double le nombre de portefeuilles, il y’aura encore des insatisfaits…
 ». Et Michel Djotodia, comme s’il voulait s’en laver les mains, rajoute que « J’ai pris soin de confier la composition du gouvernement au Premier ministre et de ne pas m’en mêler. Certains de ses membres sont mes parents, mais ces gens ne peuvent pas avoir combattu pour rien, nous devons accepter les chefs de toutes les factions armées qui ont lutté à nos côtés. La Paix sociale est à ce prix ».

Le décor est ainsi planté et l’on voit mal Nicolas Tiangaye écarter de la composition de ce futur gouvernement, les « parents » du président de la transition. Et comme Michel Djotodia le dit si bien, la paix sociale est à ce prix.

C’est pour autant dire que les parents du président, compétents ou pas sont donc des intouchables. Leur toucher ne fut-ce qu’un seul des cheveux, c’est avoir sur son chemin, un Michel Djotodia qui n’hésitera pas de faire usage de son « boubou » de « chef rebelle » ayant gagné la « guerre ».

C’est dire qu’entre la volonté du chef du gouvernement de mettre en place un gouvernement plus représentatif et la réalité, il y a bien d’équations connues à résoudre. Comme la place à réserver aux parents du président.

Dans cette même lancée, il faudra aussi composer avec les griots et autres ministres flagorneurs qui mettront les bouchées doubles quitte à s’agenouiller devant quelques hauts gradés de la Seleka afin que leur sort soit débattu avec la haute personnalité de la République.

A défaut d’être dans les bonnes grâces présidentielles ou du locataire de la primature, le chemin tout indiqué est celui de Mbaïki où le maraboutage sans tabou a déjà commencé.

Pourvu que la lucidité puisse prévaloir sur les autres considérations qui n’honorent pas la République qui, si on n’y prend garde, n’aura que des ministres incompétents qui n’auront rien à faire que d’attendre les subsides hebdomadaires et mensuelles afin de satisfaire leur survie.

Et le bas peuple qui croupit sous cette misère indescriptible, quelle est donc sa place dans tout ça. Question à suspens n’est-ce pas ?

 

Fleury Koursany

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