Renouvellement du Bureau de l’Assemblée en RCA : l’Exécutif ouvre son coffre-fort

Kangbi ndara.info/ La période est d’une sensibilité accrue. Les grosses cartes politiques tant de l’Exécutif que du Législatif se jouent présentement à Bangui et ailleurs pour obtenir une configuration voulue au prochain bureau du parlement centrafricain. Le pouvoir de Bangui par son Comité de Soutien a réagi hier 01 mars 201 pour inciter les Banguissois à se rendre massivement à la maison du Peuple le samedi 03 mars 2018 vivre le renouvellement du bureau parlementaire et ses en dessous. Pour gagner plusieurs chaises stratégiques dans le futur bureau, l’Exécutif mise sur des repris de justice.

L’Assemblée Nationale centrafricaine a pris l’envol et l’Exécutif veut l’affaiblir en voulant un bureau faible.

Même si le président de l’Assemblée Nationale Abdou Karim Meckassoua ne doit pas être touché par ce renouvellement, les autres membres du bureau doivent être capables et pétris d’expérience que ce soit au Gouvernement tout comme au parlement.

Un bureau de l’Assemblée Nationale ne doit pas être dirigé par n’importe qui et surtout ceux qui sont ouvertement en train  d’être soutenu par l’Exécutif qui drainent derrière eux des casseroles et dont certains sont des repris de justices avérés et de très peu d’expérience dans la gestion de la chose publique notamment la gestion des affaires parlementaires. La preuve éclatante du soutien de l’Exécutif outres les multiples réunions organisées  par le ténors du pouvoir de Bangui régulièrement sur trois sites différents que sont la résidence de l’honorable Clément Ndotizo à Ouango dans le 7ème arrondissement, la salle des réunions du Président Faustin Archange Touadera à Boy Rabe dans le 4ème arrondissement et à l’hôtel Golf au Pk 11 à la sortie nord de Bangui.

Une autre réunion présidée par Evariste Ngamana, directeur de cabinet du ministère chargé du secrétariat général du gouvernement qui est de plus directeur du cabinet du ministre chargé des relations avec les institutions républicaines, ancien prêtre chassé par l’Eglise Catholique, époux d’une des nièces du Président Faustin Archange Touadera. Pendant cette réunion, les propos de Monsieur Gamana ont été plus incendiés que ceux tenus le 1er mars 2018 par Blaise Didacien Kossimatchi, Porte-Parole du Comité de soutien au Chef de l’Etat. Durant le conclave de Monsieur Ngamana avec les députés, plusieurs grosses enveloppes ont été distribuées aux groupes parlementaires. Suivant la stratégie définie, le groupe parlementaire de 1 à 9 députés a reçu 1 million. Le groupe parlementaire de 10 à 19 députés a reçu 1 million et demi. Le groupe parlementaire de 20 députés à plus a perçu 2 millions et demi.

Ce qui dépasse l’entendement de certains est le fait que même les groupes parlementaires dits de l’opposition entre autres l’Union pour le Renouveau Centrafricain (URCA) de l’opposant Anicet Georges Dologuele représenté par Ernest Mizedio député d’Obo, 3ème vice-président de l’Assemblée Nationale et unique dissident du bureau sortant, a été convié à cette réunion et a reçu le même pactole. Aussi, le PATRI de l’opposant Crépin Mboli Goumba présenté par Anicet Samale député de Baoro n’était pas en marge de cette réunion.

En outre, des promesses ont été faites à ces groupes parlementaires. Il a été question de déporter tous ces groupes pour passer la nuit sur trois sites différents la veille de l’élection des membres du bureau de l’Assemblée Nationale. Un site à Damara, fief du Président Touadera, un autre au PK 26 sur la route Damara chez Arthur Piri, Ministre chargé du Secrétariat Général du Gouvernement et le dernier à Boali à près de 100 kilomètres de Bangui sur la route de Bossembele. Chacun des députés appartenant à ces groupes percevra 500 mille FCFA dont 250 mille FCFA donnés à chaque député avant l’entrée de l’hémicycle pour voter contre le bureau sortant et les reliquats  des 250 mille FCFA versés après le vote.

L’opinion nationale et internationale se poserait sans doute la question suivante : tout cet argent mobilisé et distribué aux députés ne peut-il pas être utilisé en vue de  faciliter le processus du Désarmement, Démobilisation, Réinsertion et Rapatriement (DDR, R) ? Tout cet argent ne peut-il pas améliorer les conditions d’apprentissage alarmant de certaines écoles dans l’arrière pas ? Ce pactole ne peut-il pas couvrir une partie des PGA des FACA dont le déploiement tarde encore ?

Affaire à suivre…

Kangbi ndara




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