Rentrée politique : allocution du secrétaire général du parti travailliste Kwa Na Kwa

 

logo-knk1

Bangui, le 03 Décembre 2014

Hôtel Ledger Plaza

Distingués invités ;

Ouvrières et ouvriers ;

Mesdames et Messieurs ;

Deux évènements majeurs ont contraint le Bureau Politique du Parti Kwa Na Kwa (KNK) à opter pour le report de cette rentrée politique prévue depuis le mois d’Octobre dernier. D’abord, le climat sécuritaire qui a prévalu durant cette période marquée notamment par des affrontements inter – communautaires aussi bien à Bangui que dans l’arrière pays, les multiples sorties des éléments de l’Ex-coalition SELEKA basés dans les Camps BEAL, BSS et RDOT ayant provoqué la paralysie des activités dans une grande partie de la capitale centrafricaine.

Dans un deuxième temps, après le décès du regretté Ouvrier André GREMIANGO – VONDO, notre famille politique a connu, en l’espace de deux (2) semaines, la perte de deux (2) de ses valeureux Membres du Bureau Politique. Je veux nommer les regrettés Ouvriers Jules – Bernard OUANDE et Levi YAKETE. Le premier est décédé le 1er Novembre 2014 des suites d’une courte maladie à l’Hôpital de l’Amitié de Bangui. Le second, âgé de 50 ans, est décédé tragiquement suite à un accident de circulation qui s’est produit dans la nuit du 15 Novembre dernier sur l’Autoroute Saint-Malo – Rennes en France.

Distingués invités ;

Ouvrières et ouvriers ;

Mesdames et Messieurs ;

La Rentrée Politique de ce jour est l’occasion de livrer aussi bien la vision que la position de notre parti sur la marche de la deuxième (2eme) Transition politique ouverte depuis le 20 Janvier 2014 suite à la décision inédite des Chefs d’Etats de la CEEAC de démettre les deux (2) têtes de l’Exécutif d’alors en raison de leur incapacité à mettre fin au chaos généralisé.

Notre formation politique s’était alors félicitée et réjouie de l’élection de Mme Catherine SAMBA – PANZA comme Chef d’Etat de Transition. Son parcours politique sous le régime BOZIZE notamment le rôle qu’elle a joué dans l’organisation des fora et le suivi des recommandations issues de ces différentes rencontres de réconciliation nationale constituaient, à nos yeux, des gages indéniables de sa capacité à rassembler et réconcilier les centrafricaines et les centrafricains.

Sans appartenir aux Gouvernements successifs, le KNK avait néanmoins adhéré aux objectifs majeurs assignés à ceux – ci à travers les feuilles de route adoptées par le Conseil National de Transition (CNT), à savoir : la restauration de la paix et la sécurité, la réaffirmation de l’autorité de l’Etat et l’organisation des élections présidentielle et législatives en 2015.

Dès leur formation, beaucoup d’observateurs ont dû se rendre à l’évidence que loin des bons principes annoncés, la forte coloration ethnique et régionale de ces Gouvernements était difficilement dissimulable. Dès lors, le KNK a pris l’option et la résolution de ne pas se taire, ni fermer les yeux. Car, se taire ou fermer les yeux équivaudrait à une fuite de responsabilité de la part d’une formation politique qui a conduit les affaires pendant plus d’une décennie.

Distingués invités ;

Ouvrières et ouvriers ;

Mesdames et Messieurs ;

Le Conseil de Sécurité des Nations Unies a voté quatre (4) résolutions sur la République Centrafricaine : 2121, 2127, 2134 et 2149. Toutes ces résolutions visent à la stabilisation de la situation sécuritaire et humanitaire dans notre pays. A l’article 30 de la dernière résolution, le Conseil de Sécurité a clairement prescrit à la Mission Intégrée Multidimensionnelle de Stabilisation des Nations Unies en Centrafrique (MINUSCA) les tâches prioritaires ci – après : la protection des civils, l’appui à la transition en vue de l’extension de l’autorité de l’Etat et l’organisation des élections en 2015.

A cela, s’ajoutent les tâches de désarmement, démobilisation, réintégration et rapatriement des éléments étrangers.

Malgré la montée en puissance de l’effectif des forces onusiennes de la MINUSCA et des moyens logistiques importants dont elles disposent, l’insécurité se métastase aussi bien à Bangui que dans nos provinces.

C’est ici l’occasion de s’interroger, à haute et intelligible voix, sur les motifs qui sous – tendent le non réarmement des Forces Armées Centrafricaines (FACA) en vue de leur implication dans le processus de sécurisation du pays.

Distingués invités ;

Ouvrières et ouvriers ;

Mesdames et Messieurs ;

Le calendrier électoral a été officialisé par le Groupe International de Contact (GIC) sans concertation avec les Partis Politiques et au mépris des contraintes majeures telles que : insécurité, saison des pluies, situation des centrafricains réfugiés à l’étranger ainsi que les déplacés internes, enrôlement des électeurs, etc.

Par ailleurs, le KNK constate les initiatives de la révision du Code Electoral tendant à l’abandon de l’usage de la carte biométrique qu’impose le Code Electoral. Pourquoi un tel revirement spectaculaire alors que l’Ex – Opposition Démocratique et les Partenaires avaient fait de ce point une exigence du temps du régime BOZIZE ?

Le Groupe International de Contact a également fixé la date du Forum de Réconciliation pour 15 Janvier 2015 à Bangui.

Alors que tous les efforts doivent converger vers la concrétisation de ce rendez – vous capital et de la dernière chance pour notre pays, le KNK constate avec beaucoup d’amertume, la multiplication de manœuvres et d’artifices juridiques visant à disqualifier politiquement Mr François BOZIZE YANGOUVONDA dont la cote de popularité connait une montée exponentielle en dépit des campagnes de diabolisation orchestrées contre lui. Le dépôt d’une plainte contre le clan BOZIZE devant le Parquet de Paris est la parfaite illustration de ce plan machiavélique.

Informé des obstacles que dressent certains faucons en vue d’empêcher la participation de M. François BOZIZE YANOUVONDA au Forum de Réconciliation de Janvier 2015,  le KNK exhorte la Médiation Internationale à veiller au strict respect  du caractère Inclusif de ce Forum sans lequel, sa participation ne pourrait être possible.

Le KNK rappelle que pour la cause de la paix, le Président BOZIZE avait, en son temps, pris la sage et courageuse décision d’amnistier le défunt Ange Félix PATASSE en exil à Lomé (TOGO). Ce qui avait rendu possible sa participation aux travaux du Dialogue Politique Inclusif de 2008 ainsi qu’à l’élection présidentielle de 2011.

Distingués invités ;

Ouvrières et ouvriers ;

Mesdames et Messieurs ;

Comme tout le monde peut le constater aujourd’hui, la feuille blanche qui a été confiée à Mme Catherine SAMBA – PANZA, Chef d’Etat de Transition se noircit au fil des jours remettant en cause l’espoir et la confiance que les représentants des Forces Vives de la Nation avaient placé en elle.

Comme son prédécesseur Michel Djotodia, elle s’est transformée en héraut de la "déconstruction nationale".

Déconstruction politique d’abord. Mme le Chef d’Etat de Transition s’est mise dans la peau d’un Président de la République, élue de la nation, ce qu’elle n’est pas. Le népotisme, le tribalisme et le favoritisme ont été érigés en méthode de gestion des affaires publiques.

L’appétit vient en mangeant, a – t – on coutume de dire. En effet, beaucoup de signes indiquent les manœuvres dilatoires tendant à repousser le délai de la fin de la Transition.

Déconstruction économique et financière, ensuite. L’affaire du Don Angolais en est la parfaite illustration. Sur les dix millions de dollars octroyés par l’Angola, pays ami et frère, un quart (1/4) de ce don soit la somme de 2,5 millions de dollars n’a pas transité par le Trésor Public et a été géré au sein du Cabinet Présidentiel. Au centre de ce Scandale d’Etat se trouvent deux (2) personnalités proches de Mme le Chef d’Etat de Transition, en l’occurrence, M. Mahamat KAMOUN, Conseiller Spécial à l’époque des faits et Mlle Christelle SAPOT, fille et Chef de Cabinet Particulier de Mme le Chef d’Etat de Transition.

Empêtré dans ce scandale qu’il a eu du mal à se justifier devant le CNT, l’exécutif de Transition a – t – il, un tant soit peu,  l’autorité politique et morale pour administrer des leçons de bonne gouvernance ?

Déconstruction morale, enfin. En devenant Chef d’Etat, Mme Catherine SAMBA – PANZA avait promis, en sa qualité de Mère, de réconcilier les centrafricains et d’essuyer leurs larmes.

L’écrivain Malien Mme Mariama BÂ avait donné la plus belle et poétique définition de ce qu’est une Mère en ces termes :

"On est mère pour comprendre l’inexplicable.

On est mère pour illuminer les ténèbres.

On est mère couver, quand les éclaires zèbrent la nui ;

Quand le tonnerre viole la terre, quand la boue enlise.

On est mère pour aimer sans commencement ni fin.

On est mère pour affronter le déluge.

On est mère pour rassembler" fin de citation.

Qu’en est – il aujourd’hui en ce qui concerne Mme le Chef d’Etat de Transition ?

Distingués invités ;

Ouvrières et ouvriers ;

Mesdames et Messieurs ;

Comme des pestiférés, le KNK et son Président Fondateur continuent de faire l’objet d’acharnement contrairement aux rebelles de l’Ex – Coalition SELEKA qui se sont rendus coupables de génocides, de crimes contre l’humanité, viols ainsi que des crimes de guerre à ciel ouvert. Cette politique du "deux poids deux mesures" est contre productive dans la quête de réconciliation.

En tout état de cause, le KNK n’attend point rester indifférent ni se rendre complice face à la descente aux enfers de notre pays dont la seule issue de sortie réside dans le tryptique "Dialogue Inclusif, Réconciliation et Paix", thème de cette Rentrée Politique.

Distingués invités ;

Ouvrières et ouvriers ;

Mesdames et Messieurs ;

Comme chacune et chacun peuvent le constater à l’occasion de cette rentrée, le KNK est debout, uni et fidèle derrière son Leaders François BOZIZE YANGOUVONDA.

Oui, le KNK est debout, parce que c’est debout que les peuples écrivent l’histoire.

Oui, le KNK est debout, n’en déplaise aux ennemis qui continuent de caresser le secret espoir de voir notre formation politique être enterrée dans le cimetière de l’oubli ;

Oui, le KNK est debout malgré les stigmatisations, les vexations, les menaces, les pressions multiples, les persécutions etc.

Oui, le KNK est debout pour prendre part aux grands Rendez – vous politiques en perspective.

Oui, le KNK est comme "la négraille inattendument debout" dont parlait naguère Aimé CESAIRE dans le Cahier d’un retour au pays natal en 1939 :

"Debout dans la cale

Debout dans les cabines

Debout sur le pont

Debout dans le vent

Debout sous le soleil

Debout dans le sang

Debout et libre"

Je vous remercie.