Réunion sur la Centrafrique : la chef de l’État priée d’attendre dans le couloir

AFP / Les dirigeants d’Afrique centrale se sont réunis vendredi à Malabo pour discuter de la crise en Centrafrique. Après une courte intervention, la présidente de transition Catherine Samba Panza a été priée de quitter la salle.

samba-panza1Il se sont réunis au plus haut niveau en marge du sommet de l’Union africaine (UA) pour tenter d’aider la Centrafrique à sortir d’"une situation qui s’enlise". Mais alors que les présidents du Cameroun, du Gabon, du Congo-Brazzaville, de Guinée équatoriale, ainsi que le président de l’UA discutaient de l’avenir de son pays, la présidente centrafricaine de transition, Catherine Samba Panza, a, elle, été priée de quitter la salle. Elle s’était auparavant exprimée pendant quelques minutes.

C’est dans un couloir près du lieu de la réunion, que la présidente a donc dû attendre la fin des concertations… en pianotant sur sa tablette. L’image a de quoi troubler. Mais sa présence au sommet était déjà considérée comme une faveur par ses pairs étant donné que la Centrafrique a été suspendue de l’UA depuis le début de la crise dans le pays en 2013. Le communiqué final publié à l’issue de la rencontre donne cependant voix à l’ancienne maire de Bangui qui y annonce "sa volonté de remanier son gouvernement".

Interrogé sur le plateau de FRANCE 24, le premier ministre centrafricain André Nzapayéké n’a pas caché son malaise face à cette concertation sans la présence de la principale intéressée : "Certainement, c’est frustrant. Surtout, à partir du moment où nous sommes à la tête d’un gouvernement qui est l’émanation d’un processus et d’un compromis acceptés par tout le monde. La présidente a été élue conformément aux règles établies". Le chef du gouvernement a toutefois tenu à remercier les dirigeants de la CEEAC pour leur engagement à soutenir son pays : "Les responsables africains, surtout ceux de la sous-région, ont toujours été aux côtés de la République centrafricaine. Ce sont des sages. Ils nous apportent beaucoup d’assistance".

"Il est temps de taper très fort"

À l’issue de leur rencontre, les chefs d’État réunis ont exprimé leur préoccupation face à l’enlisement du conflit centrafricain. Le président tchadien Idriss Déby a souligné la "nécessité d’instaurer un dialogue franc et sincère" entre toutes les parties au conflit. "Nous estimons qu’il est vraiment temps de taper très fort pour que la paix revienne […] en prenant des décisions fortes", a-t-il martelé.

"Nous avons exprimé le vœu de voir le dialogue englober toutes les forces vives de ce pays, les partis politiques, les ONG, les chefs religieux, les anti-balaka, les Séléka, pour que l’on ait vraiment un condensé de ce peuple pour rebâtir le pays", a pour, sa part, commenté le président camerounais Paul Biya.

Depuis la prise de pouvoir de la rébellion Séléka en mars 2013, à son tour renversée en janvier 2014, la Centrafrique vit une crise sans précédent. Les exactions perpétrées par les deux camps, anti-Balaka et Séléka, contre les civils, ont fait des milliers de morts et des centaines de milliers de déplacés. Au pouvoir depuis février, la présidente Catherine Samba Panza, sans police ni armée, n’est pas parvenue à instaurer un dialogue entre les deux camps.

AFP

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