Sécurité alimentaire: l’élevage, nouvelle priorité du Gouvernement et de la FAO

L’élevage et la santé animale constituent l’une des priorités essentielles qui préoccupent le Fonds des UN pour l’alimentation que dirige son représentant pays en Centrafrique monsieur Alexandre ScagliaIA. Voici la teneur de son allocution à l’occasion de la réunion bilan du PPCB tenue la semaine dernière à l’hôtel Ledger Plazza à Bangui.

Les problématiques de santé animale sont marquées ces dernières années par l’apparition récurrente des crises sanitaires majeures qui menacent les moyens d’existence de millions de personnes, mais également la santé publique dans le monde. La globalisation des échanges, des déplacements des biens et des personnes contribuent aussi à véhiculer les agents infectieux, et la RCA n’échappe pas à cette situation.

Le secteur de l’élevage occupe une place importante dans l’économie centrafricaine. En effet, elle contribuait pour environ 15 pour cent de produits intérieurs brut (PIB) et pour 35% au PIB agricole. L’élevage centrafricain se caractérise par un taux d’exploitation globale du bétail estimé à environ 11% et un apport substantiel au commerce extérieur avec une exportation estimée à environ 25% de la production nationale et repose sur un important cheptel ruminant évalué à près de 32,8 millions de têtes dont plus de 93% provenant du système transhumant.

En dépit d’énormes potentialités naturelles dont dispose la RCA, plus de 16 million d’hectares de pâturage et un réseau hydrographique dense, l’élevage est confronté à plusieurs contraintes qui constituent les facteurs limitant au développement de ce secteur. Sur le plan sanitaire, le cheptel national est exposé à plusieurs maladies infectieuses transfrontalières, parmi lesquelles on peut citer la pérpéripuneumonie contagieuse bovine (PPCB), la peste des petits ruminants (PPR), la fièvre aphteuse ( FA) pour ne citer que celle-là.

Cette situation est favorisée par des mouvements transfrontaliers importants en provenance des pays voisins, ou la surveillance épidémiologique du bétail est rendu aléatoire par une situation d’insécurité récurrente.

Comme dans la plus part des pays Africains péripneumonie contagieuse bovine et la peste de petits ruminants causes d’importantes pertes économiques et entraves fortement le développement de l’élévage centrafrifricain depuis plus d’une dizaine d’années. En effet, les crises récurrentes et les difficultés de tous ordres que traverse le pays, n’ont pas permis de réaliser que des campagnes annuelles de vaccinations, et parcellaires contre ces deux maladies, après l’héradication de la peste bovine en 2010.

Pour ces maladies, les objectifs des campagne de vaccination sont d’atteindre un niveau de 80% d’immunité post-vaccinal au sein du troupeau, afin de briser le cycle épidémiologique de maintien et de propagation des agents pathogènes responsables.

Depuis le début de l’année 2014, de nombreux partenaires ont été sollicités pour soutenir, de façon générale le secteur de l’élévage et en particulier l’élévage pastorale. Répondant à cette sollicitation, nos partenaires, dont l’Union Européenne, la France le Canada, apportent des appuis importants et multiformes dans ce secteur en vu de sécuriser les systèmes pastoraux.

L’objectif de ces appuis et de contribuer à l’amélioration de la santé animale et de participer ainsi au renforcement de la sécurité alimentaire des populations affectées par les crises récurentes en RCA.

Pour assurer la protection du bétail et renforcer la résiliance des éléveurs pasteurs, le ministère de l’élévage et de la santé animale et la FAO, en paartenariat avec les ONG internationales ont lancé une première campagne nationale de vaccination en 2015-2016, puis une deuxième campagne en 2016-2017 contre la péripneumonie contagieuse bovine (PPCB) et la peste des petits ruminants (PPR).

Elles ont été exécutées par les ONG internationales comme (dont ACORD, ACTED, CRS, DRC, SOLIDARITES INTERNATIONALES, TRIANGLES, GH et CICR) et les structures étatiques : L’ANDE, et la FNEC, sous la coordination de la FAO. La FAO et ses partenaires exécutent également un programme de transhumance dont l’objectif est de contribuer au renforcement des capacités des acteurs du dévéloppement pastoral, en facillitant les échanges, les réflexions prospectives nécessaires à la coordination et au dialogue sur la politique publique et la mise en oeuvre des actions de relance et de développement des système pastoraux en RCA.

Pour cette deuxième campagne de vaccination, les objectifs globaux de vaccinations étaient de 856000 doses de vaccins contre la PPCB et 460000 doses de vaccins contre la PPR, pour l’ensemble des partenaires d’exécutions.

En plus des équipements distribués aux partenaires pour la première campagne, un kit de materiel de vaccination et d’équipements suplémentaires, composés de: 3 refrégirateurs à pétrole, 60 glacières de 5 litres, 15 séringues automatiques de 50 ml, 115 boîtes d’aiguilles, 200 réfrigérants (ICE PACK), 70 carnets de vaccination et 30 verres de rechange pour séringue de 50 ml, ont été achetés et distribués aux partenaires de mise en oeuvre.

Par ailleurs, plus de 600 affiches et posters publicitaires, ainsi que des spots de sensibilissation radiotélévisées, ont été confectionnées pour la sensibilisation des communautées rurales. Lancé officiellement le le 27 septembre 2016 par le ministre de l’élévage et de la santé animale à Bouar, les vaccinations se sont déroulées d’octobre 2016 à Août 2017. en termes de résultats obtenus, ce sont au total, 798468 têtes de bovins, soit 93,29% et 386 964 têtes de petits ruminants, soit 84,12%, qui ont été vaccinées.

Il est à noter que le CICR qui a mené sa campagne de vaccination dans la même période, dans un souci de coordination des activités de vaccination, a vacciné 117 912 têtes de bovins contre la PPCB, sur un objectif de 200 000 vaccins, soit un taux de réalisation de 58,96%.

Monsieur le représentant du ministre, je suis conscient qu’il y a aujourd’hui d’énormes besoins dans le domaine de l’élévage. Je puis vous assurer que la FAO est toujours prête à soutenir le gouvernement Centrafricain dans ce domaine, pour garantir la sécurité alimentaire aux populations.

J’ose croire que les éléveurs de bovins et de petits ruminants, estimés à plus de 18000 ménages dans les zones d’intervention, qui ont bénéficié directement de cette action, pourront enfin voir améliorer significativement l’état sanitaire et la productivité de leurs troupeaux.

Qu’il me soit permis encore de remercier très sincèrement nos partenaires, notamment l’Union Européenne, toujours présente au coté de la communauté humanitaire pour avoir bien voulu financer ce projet.

pour conclure mon propos, je voudrais saisir l’occasion qui m’est offerte, pour adresser mes vives félicitations au gouvernement centrafricain et particulièrement à son excellence monsieur le ministre de l’élevage de la santé animale et lui souhaité tout le succès espéré dans la relance du développement de l’élévage en général et de l’élévage pastoral en particulier, gage de sa contribution à la lutte contre l’insécurité alimentaire en RCA.

Je vous remercie.

Jean-Alexandre Scaglia

Représentant de la FAO en Centrafrique

Comments

comments




Laisser un commentaire