Sénégal : Meeting de l’ancien président sénégalais Me Abdoulaye Wade et le PDS

« Un homme qui ne réagit pas quand son fils est arrêté est un lâche » a-t-il lâché le mercredi 4 février à la place Obélisque, le lieu historique et traditionnel des meetings des partis politiques sénégalais et grands événements socio-culturels, l’ancien président de la République Me Abdoulaye WADE. Le Parti Démocratique Sénégalais (PDS) qui n’est plus aux affaires était d’abord interdit par le maire de Dakar pour une marche politique programmée par le bureau politique du parti qui revendique la libération du fils de l’ancien président, Karim WADEet de tous les prisonniers politiques incarcérés à la maison d’arrêt de Dakar pour enrichissement illicite. Le premier événement était terminé en drame puisque certains hauts cadres du PDS ont été arrêtés par la police sénégalaise.

wade-a-dakar-23-AvrilLors de ce meeting qui a mobilisé des milliers de militants du Parti Démocratique Sénégalais et sympathisants, le Secrétaire général du parti a posé des conditions suivantes : « Nous voulons la levée de l’interdiction de sortie du territoire pour tout le monde, nous exigeons la libération des prisonniers politiques et des otages et le remplacement du juge Henri Grégoire Diop qui a commis des actes inadmissibles et jamais vu. Il a déjà montré qu’il a son jugement en poche ». « je n’accepterai pas une condamnation de Karim ni aujourd’hui, ni jamais », a-t-il insisté en citant l’article 14 de la Constitution de la République sénégalaise qui stipule que tout sénégalais doit jouir de son épanouissement sur le territoire national et à l’étranger. Me Abdoulaye WADE accepte que son fils qui fut son ancien ministre avec plusieurs portefeuilles soit jugé par la haute Cour de justice et non la Cour de Répression d’Enrichissement Illicite (CREI) qui n’est pas légale. Il a même proposé que son fils Karim soit jugé par des institutions judiciaires du Maroc ou France. L’ancien président a déploré le fait que ses homologues en poste dans la sous-région n’interviennent pas dans l’affaire de son fils.  Alors qu’il en a fait quand le feu président Houphouet Boigny  de la Côte d’Ivoire avait arrêté l’opposant Laurent Gbagbo. Ministre de l’époque au gouvernement du président DIOUF, il a plaidé pour que le Sénégal intervienne. Il en a fait de même quand le président guinéen de l’époque arrêtait un autre opposant à son régime. Abdoulaye WADE a déploré le mutisme des présidents de la CEDEAO.
A-t-il poursuivi dans sa déclaration que « la CREI est un monstre juridique, une institution hors la loi. Elle n’existe nul par ailleurs. C’est une juridiction d’exception. Macky Sall l’a ressuscitée pour juger ses adversaires politiques. C’est une catastrophe la Crei. » L’ancien président a rappelé qu’il a beaucoup fait pour le Sénégal et que son parti s’est battu longtemps pour ramener le pays sur les rails de la démocratie. Selon lui, le président Macky Sall et son gouvernement ont violé l’article 8 de la Constitution de la République puisque la marche du PDS a été interdite pour motif de trouble à l’ordre public. Ce que le Secrétaire général du PDS qualifie de fallacieux. L’ancien président pense apprendre aux sénégalais à résister lorsqu’ils ont le droit avec eux.
 
Quant au président Macky Sall qui accepte le dialogue, en  répondant aux questions de certains confrères sénégalais sur la déclaration de son prédécesseur, il a dit qu’il ne tombera pas dans le piège d’Abdoulaye WADE. L’ancien président a ouvertement dit qu’il peut faire un coup d’Etat mais il ne le fera pas. IL a dit à ses militants qu’il a toujours refusé de créer un mouvement de libération armé. « je n’ai pas besoin d’un pouvoir qui ne vient pas des urnes ». Un bel exemple de démocratie qui servira peut-être aux centrafricains qui sont hantés par le démon de la guerre. Quand les chefs de guerre d’hier (François Bozizé et Michel Djotodia) se retrouvent à Nairobi pour signer un autre accord diabolique à leur profit alors que les centrafricains veulent la paix, c’est de quoi à dire que la RCA n’est pas encore sortie de l’auberge.
 
 
Pierre INZA, journaliste politique et culturel

Comments

comments