Situation alimentaire toujours précaire en Centrafrique

Après la prise du pouvoir le 24 mars 2013de la Séléka, les conditions de vie des centrafricains reste encore précaire. Avoir de quoi se nourrir reste un défi majeur pour bon nombre de ménages. Selon les organisations humanitaires intervenantes en République Centrafricaine les causses sont multiples.

alimentaireUne enquête faite par l’OCHAsur la sécurité alimentaire en situation d'urgence (EFSA) en République Centrafricaine, révèle que plus de 484,000 personnes sont actuellement vulnérables à l’insécurité alimentaire en RCA. D’après cette enquête,les personnes les plus touchées ont une alimentation moins variés et ne se nourrissent qu’une fois par jour.

Selon Amy Martinla représentante du bureau de coordination des affaires humanitaires en Centrafrique (OCHA), « il y a un risque élevé de crise nutritionnelle pendant la période de soudure si l’assistance d’urgence n’est pas fournie…Il y a une augmentation des prix des denrées alimentaires de base, le manque des réserves alimentaires, le manque de semences et d'outils ».

De cette enquête ressort aussi que, la crise militaro politique que traverse le pays est la principale cause de cette situation. La porte-parole de l’UNICEF, MarixieMercado lors d’une conférence de presse à Genève a expliqué que 81% de la population centrafricaine est en situation d’insécurité alimentaire en raison notamment du manque de denrées alimentaires et de leur prix élevé. « Depuis le début de la crise en République Centrafricaine, l’UNICEF a livré 140 tonnes d’aide humanitaire et travaillé avec ses partenaires pour fournir des services de santé et de protection, de l’eau et des denrées alimentaires », a-t-il précisé. Environ 7.749 personnes touchées par le conflit ont reçu l’assistance alimentaire à Batalimo et Bambari, dont 59% des bénéficiaires étaient des femmes. Environ 248 MT d'assistance alimentaire composée de céréales, de légumineuses, de l'huile et du sel ont été distribués.

Une situation qui rappelle au gouvernement centrafricain certaines de ses priorités relatives à la garantie de l’alimentation de la population comme l’a ordonné le Président fondateur de la République Centrafricaine Barthélémy Boganda. « Nous accusons aujourd’hui une crise alimentaire aigüe, c’est parce que le gouvernement n’a pas mis un accent particulier sur l’agriculture alimentaire comme dans le passé.  Et avec le non paiement du salaire et la crise qu’avait connu le pays, tout est devenu chère, les paysans ont consommé toute leur réserve et le pire, les Séléka ont détruit les réserves agricoles et bétail. Les paysans se sont refugiés dans la brousse », pense Noël Bernard Logomon, opérateur économique centrafricain.

Selon M. Ndomandji-Koumao-Yali Jacques, spécialiste en agriculture, point focal au ministère du développement rural entre FAO et PAM, la carence alimentaire dans le pays fait suite à l’insécurité grandissante. « Face aux évènements qu’avaient connus notre pays, les commerçants et les transporteurs avaient des difficultés pour pouvoir accéder dans les zones de production afin de s’approvisionner la capitale en denrées alimentaires. En plus dans les provinces les paysans sont en débandades face à l’exaction de la rébellion armée ».  En ce qui concerne la statistique de 2012 et 2013 de production agricole en RCA, il nous a signifié que « la crise à anéanti les paysans qui n’ont pas pu récolter ce qu’ils ont semé durant l’année dernière (2012). Mais pour l’année 2013, la production sera catastrophique. Je dis catastrophique du sens que les paysans n’ont pas eu l’accès aux semences. En plus les rébellions ont emporté leurs équipements de production, à savoir, les charrues, les bœufs… et les paysans ne peuvent pas accéder aux parcelles. Ce qui entrainera une production catastrophique cette année », a-t-il ajouté.

Pour sa part, une ménagère, rencontrée au niveau du marché Combattant dit être très mécontente de la crise alimentaire que traverse le pays. Elle accuse à cet effet, les autorités du pays qui n’arrivent pas à rémunérer à tant les fonctionnaires rendant ainsi difficile la circulation d’argent et l’écoulement des produits agricoles. «Au paravent y avait une abondance des denrées alimentaires sur le marché. A l’avènement des Séléka au pouvoir, tout est devenu dur pour les Banguissois. Avant la cuvette du manioc était à 2.000Fcfa, mais à présent on trouve cette cuvette à 3.500Fcfa. Les cultivateurs ont refusé d’aller aux champs, de peur d’être capturé par les Séléka. Raison pour laquelle, il manque des denrées alimentaires sur le marché », déduit-elle.

Le Complexe Pédiatrique de Bangui a déjà enregistré plusieurs cas de malnutrition.« La majeure partie des enfants qui sont venus ici souffrent de la malnutrition. Une situation qui inquiet beaucoup les humanitaires qui sont nos partenaires », laisse entendre MmeVoyémawa, une infirmière dans cette pédiatrie.

Les analyses de l’insécurité alimentaire aiguë fournies par le Réseau des systèmes d'alerte précoce contre la Famine (FEWSNET) en mai 2013, a révélé que les ménages dans les zones du Centre, Nord et Est centrafricain (IPC Phase 3) entre mai et la prochaine récolte (de septembre à décembre).


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