Sommet spécial Boko Haram: ce que la France n’a pas fait est grave

Johnny Yannick NALIMO / Le tête-à-tête des cinq Chefs d’Etats africano-occidentaux sur la menace que représente Boko Haram pour certains pays africains et donc l’Europe, s’est dérobé à une question très délicate : l’association et la participation du Mali, de la Mauritanie, du Niger et de la République Centrafricaine (RCA) à ce mini sommet consacré aux stratégies de mettre hors d’état de nuire la galaxie Boko Haram en raison des ses connexions multiples.

Ce speech vise particulièrement la marginalisation de la Centrafrique

Les présidents François Hollande (France), Goodluck Jonathan (Nigéria), Paul Biya (Cameroun), Boni Yayi (Bénin) et Idriss Deby (Tchad) ont ébauché le 17 mai 2014 des stratégies communes de lutter contre le terrorisme africain notamment Boko Haram, rattaché à AQMI et Al-Qaïda.

Boko Haram est là, la RCA était absente

La peste Boko Haram dispose de deux connexes en RCA, connus incontestablement des services de renseignements français et tchadiens, la Séléka et la rébellion tchadienne basée en Centrafrique dénommée Front populaire pour le redressement (FPR) de Baba Laddé.

Le FPR et la Séléka sont contiguës à Boko Haram par les faits (des hommes assimilés aux éléments de Baba Laddé détiennent encore en otage les habitants du Village Wain situé à 18 km de Batangafo, nord. Ils ont tué un homme et blessé trois autres dont le chef du village). La Séléka vient de combiner une armée illégale toujours incontrôlée, à la gâchette facile qu’elle est entrain de positionner dans huit des seize préfectures de la RCA.

Noureddine Adam, l’islamo extrémiste de la Séléka a créé récemment un pont entre Baba Laddé et Boko Haram sur des bases d’appartenance à la grande famille des peules d’Afrique. Cette analogie est loin d’être une information pour un grand nombre, d’où le FPR et la Séléka doivent être combattus avec la même énergie que le redoutable groupe terroriste nigérian.

En outre, la géostratégie de cette rencontre exigerait la participation de la République Centrafricaine à ce sommet pour des liens existants entre l’ex coalition rebelle de la Séléka (alliance) et Boko Haram. Est-ce la présence féminine de la Présidente Catherine Samba-Panza qui a exclue la RCA à ces activités politiques et sécuritaires ? La partition actée de la Centrafrique a-t-elle un lien avec sa mise à l’écart ?

Nul n’ignore que la Centrafrique est impécunieuse, dépourvue des forces militaires et logistiques pour traquer ou combattre Boko Haram aux cotés des cinq pays réunis le 17 mai à Paris. Toutefois, mettre la Centrafrique à contribution et dans les décisions et dans les opérations témoigne de la considération à l’égard cette nation actuellement en mal de sa souveraineté due à la persistance de l’instabilité générale (10 décembre 2012 à ce jour). Ce faisant ressort la sincère volonté de la France et du Tchad d’aider la Centrafrique à sortir de l’impasse dans laquelle elle se trouve en évinçant les forces hostiles enfouies sur l’ensemble du territoire.

Des motifs à reconsidérer

  • Convier la République Centrafricaine à ce mini sommet, c’est signifier l’attention particulière de la France et des autres Etats participants aux déclarations des chefs terroristes Ayman al-Zaouahiri (Al-Qaïda) et Abubakar Shekau (Boko Haram) visant à soutenir la Séléka pour les causes de l’Islam et des musulmans tués durant la crise par les milices d’autodéfense Antibalaka. Boko Haram peut frapper en Centrafrique et ailleurs.
  • Associer la Centrafrique aux décisions prises à l’issue de cette rencontre, c’est aviser Boko Haram à l’arrêt d’armement de la Séléka en échange du diamant centrafricain. Boko Haram peut se servir de la Séléka pour sévir en RCA (Attaque de MSF à Boguila et assassinat de la photojournaliste Camille Lepage).
  • La présence de l’Autorité centrafricaine au Sommet spécial Boko Haram, c’est transmettre un message direct au chef rebelle Baba Laddé, présentement au Niger pour rencontrer AQMI, d’abandonner pour le mieux son projet terroriste en Centrafrique (si Baba Laddé est un réel chef rebelle tchadien, N’Djamena a de bonnes raisons de s’inquiéter sauf..).

Enfin, la Centrafrique n’a pas été conviée  au sommet mais elle peut tout de même être associée militairement. Une participation qui nécessite le réarmement des Forces armées centrafricaines FACA, désarmées depuis la prise du pouvoir par la Séléka. La Centrafrique dispose de l’une des meilleurs soldats d’Afrique Centrale sur les fronts, un appui non négligeable pour combattre vaillamment le terrorisme aux côtés des troupes béninoises, françaises, nigérianes et tchadiennes. Si la France ne reconsidère pas la mis à l’écart de la Centrafrique, elle aurait de plus commis une erreur politique grave.

 

 

 

 

 

 

 




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