Sylvain Beya Abazen : « les allégations mensongères des journaux ne sont que des manœuvres de déstabilisation mises en place par les ennemis du progrès de la SOCASP »

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Kangbi-ndara.info/ Brise de glace à la SOCASP après moult inférences divulguées par  certains médias locaux relative à une crise interne au sein de la société. Dans une tribune accordée à Kangbi-ndara le 15 juin 2016, Sylvain Beya Abazen Directeur général SOCASP révèle que son silence ne flanche ni ses réalisations ni  l’urgence des travaux en cours ou encore les attentes de la SOCASP envers le gouvernement centrafricain. Lisez comme jamais Monsieur Sylvain Beya Abazen.

Monsieur Sulvain Beya Abazen bonjour,  voudriez-vous présenter brièvement la SOCASP ?

SOCASP signifie : Société Centrafricaine de Stockage de Produits Pétroliers (SOCASP). Elle a été créée le 24 avril 2007 par la Loi n° 07.007 suite à la dissolution de la Société de Gestion des Actifs Logistiques (SOGAL) dans le cadre de la réforme du sous-secteur pétrolier aval en République Centrafricaine.  La SOCASP est une société d’économie mixte ayant pour forme juridique la société anonyme avec Conseil d’Administration dont le siège est fixé à Bangui. Son capital est de 100.000.000 FCFA et est réparti comme suit :

  • Etat Centrafricain  : 51 % ;
  • TOTAL Centrafrique: 25 % ;
  • TRADEX Centrafrique : 15 % ;
  • Opérateurs privés   : 9 %.

Elle embauche à ce jour 56 personnes et exploite via le contrat ASRP/SOCASP, les Actifs Logistiques constitués essentiellement du dépôt pétrolier de Kolongo ayant une capacité théorique de stockage de 45.600 m3 et celui de Salo d’une capacité de 3.500 m3. J’assume les fonctions du Directeur général de la SOCASP depuis le 19 janvier 2016 jusqu’à ce jour.

Les activités de la SOCASP consistent aussi à importer et à vendre les hydrocarbures, c’est bien cela ?

Les activités de la SOCASP sont définies dans la loi n° 07.007 du 24 avril 2007 portant création de celle-ci et dans les statuts de cette société et qui se résument essentiellement :

  • à la réception, l’entreposage et la manutention de tous les produits pétroliers et dérivés commercialisables en RCA ;
  • au contrôle de qualité des produits pétroliers et dérivés mis sur le marché national ;
  • à la location, l’acquisition, la réhabilitation et la construction de tous entrepôts, infrastructures et moyens nécessaires à l’entreposage, à la manutention des produits pétroliers et dérivés et au maintien des stocks de sécurité permanents et des stocks outils ;
  • à l’organisation et la programmation des approvisionnements ;

La SOCASP n’importe pas directement de produits pétroliers et n’assure pas la distribution dans les stations services mais elle assure essentiellement l’entreposage et le dispatching de ces produits pour le compte des marketeurs (Total Centrafrique, Tradex Centrafrique, SARPD-OIL) qui en sont propriétaires.(Fonction de Gardiennage)

C’est important de le préciser ici parce que pour le commun des centrafricains dès que la rupture de produit est observée dans les stations-services, c’est le fait que la SOCASP n’a pas rempli sa mission.

Quelques médias nationaux entartent la SOCASP par une crise institutionnelle et des malversations financières qui risqueraient de vouer la société en faillite. Confirmez-vous le fondements de ses allégations ?

D’abord parler d’une crise institutionnelle signifierait que les organes de décision et d’administration qui sont appelés à gérer la SOCASP sont déconnectés entre eux ou sont en déconfitures. Ce qui n’est pas le cas actuellement puisque je collabore très bien avec le Conseil d’Administration et aussi avec mes collaborateurs, personnel de la SOCASP.

Ensuite, s’agissant des malversations financières, je précise que la SOCASP dispose en son sein d’un service de contrôle de gestion, d’un contrôleur financier nommé par décret et du Conseil d’Administration qui veille sur l’exécution du budget dans lequel sont consignées les dépenses d’investissements et de fonctionnement de la SOCASP sans oublier le travail du commissaire aux compte.

Enfin, les allégations mensongères des journaux ne sont que des manœuvres de déstabilisation mises en place par les ennemis du progrès de la SOCASP depuis que nous avons lancé les travaux de construction du bac 15. Il n’ya qu’à faire un tour à la SOCASP pour se rendre compte de la réalité et je vous l’autorise à l’occasion.       

Vous êtes Directeur général de la SOCASP depuis trois années,  raisonnez-vous en termes de réalisation ? 

Plusieurs réalisations ont été effectuées pendant cette période émaillée de difficultés, mais faire l’étalage de celles-ci nous prendra beaucoup de temps. Cela ne nous empêche pas de citer entre autres :

  • L’acquisition des nouveaux logiciels de comptabilité permettant d’avoir les informations financières à temps réel et une visibilité dans nos comptes ;
  • La révision de l’Accord d’Etablissement devenu caduque depuis plusieurs années et accepté par la direction générale et les représentants du personnel en présence du Directeur Régional de Travail ;
  • L’accord de la compensation d’une partie des dettes fiscales ;
  • La protection des berges à travers le planting des arbres ;
  • L’obtention d’un accord de principe pour la transformation des arriérés de loyer des actifs logistiques en ressources d’investissements ;
  • L’obtention d’un nouveau plan cadastral avec un rajout de 2.700 m2 des limites anciennes de la SOCASP ;
  • L’acquisition des matériels roulants (4 véhicules) pour les besoins de service ;
  • L’acquisition des cameras de surveillance pour éviter les cas de vol des produits ;
  • La construction d’une cantine pour les besoins de restauration du personnel ;
  • La construction d’un nouveau bâtiment administratif servant de bureau pour résoudre le problème d’encombrement et mettre le personnel dans des conditions ergonomiques de travail ;
  • La maitrise des pertes d’exploitations ;
  • La maitrise au quotidien des installations vétustes pour l’exploitation sereines ;
  • L’équipement et la modernisation des bureaux administratifs ;
  • La remise en état et aux normes du bac 10 et 11;
  • La résolution de problème de tuyauteries et autres installations;
  • La remise à plus de 55%  du dépôt aux normes internationales selon la dernière Inspections ;
  • Le redémarrage des travaux de construction du bac 15 bloqués il y’a de cela quelques années dont la finition est prévus courant Août 2016 avec une capacité de plus 5 500 m3

Bref, la liste est longue mais nous estimons avoir fait de notre mieux pour avancer la SOCASP pendant toute cette période bien que, nous en sommes conscients que beaucoup reste à faire.     

De quelles difficultés la SOCASP est-elle confrontée actuellement ?  

Les difficultés de la SOCASP se situent à trois niveaux qui sont:

  • Sur le plan structurel :
  • La baisse du taux des frais de passage de 15 FCFA/Litre à 13 FCFA/Litre a impacté négativement la situation de trésorerie, ceci depuis l’année 2012 ;
  • La loi portant réforme du sous secteur pétrolier aval a fixé à 6 FCFA/Litre la ligne « Extension de Capacité de capacité de stockage » destinée aux investissements à réaliser sur les actifs logistiques, malheureusement ce taux, au lieu d’augmenter à 8F CFA/Litre comme prévue dans la convention du crédit 15ème Bac pour son remboursement, est ramenée à 4 FCFA/Litre. Ce qui rend difficile les possibilités d’investissements ;
  • La suppression dans la structure de prix des produits pétroliers de la « Ligne Coulage d’exploitation» reconnue par tous les opérateurs internationaux de la filière, obligeant de manière inédite la SOCASP à rembourser tout coulage aux Marketeurs assorti de lourdes pénalités douanières du fait des Droits compromis.
  • Sur le plan conjoncturel

Les crises militaro-politiques ont eu pour conséquences entre autres les actes de vandalisme sur les biens de la SOCASP, la destruction des stations services des marketeurs tant, à Bangui que dans l’arrière pays qui ont impactées négativement sur la consommation des hydrocarbures et qui a affecté les résultats depuis plus de 4 ans posent un problème Juridique à résoudre en urgence.

  • Sur le plan technique

La vétusté des installations techniques de la SOCASP qui ne répondent pas à l’heure actuelle aux normes minima internationales d’un dépôt pétrolier est inquiétante. La dernière inspection nous crédite seulement de 40% de taux de faisabilité. Un investissement d’urgence est de mise.

Vous parlez de la création des bacs pétroliers. Combien en faut-il encore pour palier les ruptures pendant la décrue de la rivière Oubangui en saison sèche ?

  • Il faut en urgence construire à Bangui trois (03) bacs d’une capacité globale d’environ 30 000 mafin de pallier ce problème de rupture et maintenir en hausse la fiscalité pétrolière.
  • Réfectionner et rouvrir le dépôt de SALO pour desservir les localités environnantes et éviter les importations frauduleuses ; il est évident que la rentabilité et la viabilité de ce dépôt passe par la réhabilitation des infrastructures routières.
  • Réaliser rapidement les travaux de mise en conformité des Bac 4 et 5 avant la fin de la campagne 2016 pour nous permettre de faire les pleins des Bacs.
  • Construire un dépôt secondaire à Bambari avec pour objectif de desservir les zones du centre, de l’est et du nord- est; et préserver les recettes de l’Etat.

Construire un dépôt relais à Zinga qui est navigable en toutes saisons, ce qui permettra d’assurer la régularité des approvisionnements en produits pétroliers. Donc une augmentation de la fiscalité Pétrolière parce que le coût de transport par la route est d’environ 2 fois supérieure au coût par fleuve et est supporté par cette fiscalité pétrolière.

Qu’attend la SOCASP des nouvelles autorités centrafricaines ?

  • La sécurisation du pays ayant comme corollaire  la reprise des activités économiques dont celle du transport, ce qui conduira la réhabilitation par les marketeurs des stations services dans nos provinces afin de permettre à la population d’avoir les produits de qualités, les réouvertures des Banques commerciales pour la sécurisation des recettes dues à la vente des produits pétroliers et autres transactions financières. Ce qui va entrainer une hausse de la consommation des hydrocarbures et de la fiscalité pétrolière.
  • La hausse du taux des frais de passage qui ne permettent pas jusque là à la SOCASP de supporter la totalité de ses charges (surtout les charges d’entretiens et de maintenance) puisque les installations datent de l’indépendance et les pièces de rechanges ne sont plus sur le marché. 
  • La hausse du taux de la ligne « extension capacité de stockage » qui permettra à la SOCASP via l’ASRP de procéder à la mise en conformité des dépôts de Kolongo et de Salo d’une part, et d’autre part, de réaliser de nouveaux investissements allant dans le sens d’augmenter les capacités de stockage.
  • La réhabilitation des infrastructures routières permettant l’acheminement des produits pétroliers sur toute l’étendue de la RCA.
  • Le remboursement de plus de 700 millions  dus par l’Etat à la SOCASP, ceci rétablira l’équilibre financier de l’entreprise.
  • Appuyer l’ASRP dans les dossiers de recherche de financement de construction d’un dépôt secondaire à Bambari, d’un dépôt relais à Zinga et de 03 Bac à Kolongo.
  • Procéder à l’ouverture du capital de la SOCASP afin de permettre à ce dernier d’avoir de l’argent frais et procéder à la mise en norme des installations car ces derniers datent entre 1954 et 1968 et ne répondent plus aux normes internationales des dépôts de stockages des produits pétroliers.  
  1. En bref être attentif aux problèmes réels de l’unique dépôt qui doit soutenir la relance de la croissance évidente de l’économie de la RCA.   

Monsieur  Abazen Je vous remercie

C’est moi qui vous remercie

 

Propos recueillis par Johnny Yannick Nalimo

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