Temoignage d’un Pretre suite aux exactions Séléka à Bozoum

Mardi et mercredi 11 et 12 février 2014

1743687_10203286475148893_551920923_nAvec un médecin et un responsable de MSF, nous partons à 6h, direction Bocaranga, Ndim et Ngaundaye, où nous arrivons vers 16h, après 210 km de routes mauvaises.
Nous rencontrons des gens avec des armes artisanales, mais pas il n’y a de barrières à l’allée (nous en trouverons 3 au retour…). Nous savons qu’il y a des rebelles de Baba Laddè à Bang, à la frontière avec le Cameroun, et que les antibalaka cherchent de les chasser, mais sans succès.

Ce mardi même, ces rebelles ont brulé des villages entre Bang et Ngaundaye, et le risque d’un attaque est élevé. D’autant plus que, malgré les appels, aucune force militaire est intervenue pour protéger la population, ni les français de Sangaris, ni les Camérounais de la MISCA (qui pourtant ne sont qu’à 150 km).
Nous retrouvons les villages avec peu des gens. A Ngaundaye il y a quelques maisons brulées, et l’hôpital est carrément vide : pas de malades, pas de médecin, pas de médicaments…
Il y a 4 frères capucins : 2 centrafricains, un italien et un polonais, et 2 sœurs et une laïque polonaise. Tous, ils sont très choqué encore, après le passage de la Seleka le 21 janvier : ils les ont menacé, et ils ont volé tout ce qu’ils ont pu, y compris 2 voitures, et pris en otage le frère Roland (libéré quelques heures après).

Toutes les activités (écoles, Centre de Promotion féminine, hôpital, etc.) sont suspendues… et l’horizon est partout très très sombre.
D’autant plus qu’on ne voit pas d’amélioration, et que les forces militaires comme la MISCA sont bien loin d’être efficaces : au moment que des centaines de Seleka étaient en train de traverser le pays pour aller vers le Tchad, ils ne les ont pas escortés (et les conséquences sont là : les pillages, les incendies, les assassinats et les viols). Par contre, quelques jours plus tard, il en ont escorté d’autres, mais pour les accompagner de Paoua vers Kaga Bandoro, une zone que les Seleka voudraient occuper pour partager le pays…

Au retour nous sommes passés par le village de Nzakoun, à 14 km de Ngaundaye, où les Seleka ont massacré 22 personnes (dont 14 femmes) dans leurs propres maisons.. Ils ont lancé une roquette sur le petit poste de santé, qui a été détruit…
Jusqu’où on ira avec cette folie ?
Par le Petre Aurélio

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