Transport public à Bangui : un véritable calvaire pour les usagers

Kangbi-ndara.info/ A Bangui, le transport en commun constitue un véritable parcours du combattant. Malgré les efforts de quelques  Centrafricains et ceux des Sociétés Privées (BENAFRIQUE, SONATU…) à faciliter le déplacement de la population, ce secteur est toujours au plus mal. Pour les usagers des transports publics et surtout pour les citadins qui mènent  une activité génératrice de revenue, les fonctionnaires de l’Etat et ceux qui travaillent dans le secteur privé, il est difficile de compter sur ces taxis et bus pour se rendre au lieu de travail car la demande dépasse l’offre, d’où l’on est souvent contraint de faire appel, à ses risques, aux taxis moto pour être à l’heure au lieu de travail ou activité.

Chaque matin, les habitants de la capitale (Bangui) s’apprêtent à vaquer à leurs occupations. A Fouh, quartier situé au 4eme Arrondissement, des animations bouillantes règnent à la gare. Chaque jour, aux Heures stratégiques, hommes, femmes et enfants désireux de gagner une place dans les taxis ou les munis bus, se lancent dans les bousculades. Pour se faire embarquer, les usagers doivent être rapides, souples et courageux. Souvent il faut passer trente à une heure du temps dans la masse de personne pour se faire embarquer. Nadia, une usagère a déploré cette situation récurrente : « Vraiment, les conditions de transport en commun dans notre secteur est très préoccupantes. Ce n’est pas facile pour nous les femmes car on arrive en retard au travail ».

La carence des moyens oblige certains parents à s’abonner aux conducteurs des taxis moto, afin de rattraper le temps. Au terme des statistiques, les taxis moto sont à l’origine de beaucoup d’accidents de circulations routières. Un parent d’élèves s’est expliqué sous couvert d’anonymat : « J’ai sollicité le service d’un taxi-moto pour qu’il dépose à temps mes enfants à l’école, malgré les risques d’accident. Au Cameroun par exemple, l’Etat a créé des agences de transport pour alléger les problèmes de transport. Comme la RCA est un pays d’exception, on est toujours dans la même situation ».

Pour remédier à ce problème, la Mairie et les Sociétés Privées doivent mettre à  la disposition du public de bus de grande capacité pour desservir les différents quartiers de la capitale. Pour  Yvon, commerçant au marché central, il faut également voir l’Etat des routes. Il ne suffit pas de mettre des véhicules en circulation, mais tenir aussi compte de la dégradation qui ne favorise pas une bonne navette.

Malgré la prouesse de la Société BENAFRIQUE, avec ses bus de 80 places, les habitants de Bangui sont loin de voir leur problème de transport se résoudre. Ils éprouvent mille difficultés pour circuler dans la ville à leur propre guise. Certaines personnes peu fortunés quittent la maison à l’aurore et sont obligés de marcher, pour couvrir la distance séparant leur domicile de leur lieu de travail. Même si les conséquences ne sont pas visibles, les économistes savent que les difficultés du transport ont des répercussions sur l’économie du pays.

Les autorités en charge de ce secteur sont ici interpellées pour faire figurer le volet des transports urbains parmi leurs priorités car cela risque à la longue d’avoir un impact négatif sur l’économie du pays et par conséquent sur son développement.

 

                                                                                                                           Rolf Steve DOMIA-LEU BOHOULA




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