Usurpation de titre de trop: une fausse avocate démasquée en pleine audience au tribunal de grande instance de Bangui.

Kangbi-ndara.info/   Une intruse usurpant le titre des avocats vient d’être démasquée au Tribunal de Grande Instance de Bangui par les véritables avocats ce lundi 25 janvier 2016 pendant que la Cour Constitutionnelle de Transition (CCT) se trouve en pleine audience se rapportant au verdict des élections présidentielles et législatives du 30 décembre 2015. Cette inconnue du milieu des personnes habilitées à représenter ou à assister leurs clients en justice ayant refusée de décliner son identité en présence d’un huissier risque une peine pénale au quantum sans doute grave.

fausse avocateLundi 25 janvier 2016, jour-0 de la décision de CCT, jour extrêmement sensible tant pour le corps judiciaire vers qui le regard du monde entier est rivé que pour le reste des Centrafricains ayant massivement voté pour le futur président et leurs futurs représentants à l’Assemblée nationale, c’est en ce jour très particulier pour le devenir de la République centrafricaine après trois années de bain de sang cauchemardesque qu’une femme, approximativement d’une quarantaine d’années, choisie d’usurper, sans doute, ostensiblement le titre d’avocat en se revêtant de la robe des avocats et en siégeant coite parmi les vrais avocats. Du principe que, même par millier, les abeilles se reconnaissent toutes dans la ruche, cette intruse s’est rapidement faite démasquée par une poignée d’avocats présents au Tribunal de Grande Instance de Bangui pour la défense de leurs clients respectifs.

« Nous avons constaté dans la salle la présence d’une dame dont nous ignorons le nom, mais en  robe d’avocat. Comme ça on a demandé à un de nos confrères, le plus ancien, de pouvoir l’interpeller afin qu’elle puisse enlever la robe ou bien lui demander en quelle qualité elle porte cette robe. Elle a refusé de décliner son identité, mais après nous allons apprendre que ce n’est même pas une avocate étrangère car nous avions imaginé qu’elle viendrait de l’étranger. Après quelques informations glanées par-ci par-là, on a constaté qu’elle ne vient pas de l’étranger, qu’elle serait d’ici. Donc, c’est une manière en fait d’influencer le public qui est dans la salle qu’elle a la qualité d’avocat. Du coup, nous avons appelé un huissier pour le constat. C’est dans la perspective, éventuellement, de déposer une plainte pour usurpation de titre parce qu’elle n’a pas qualité d’avocat. Elle est passible d’une peine pénale.», témoigne Me Jacob Sangone, avocat à la Cour et membre du Conseil de l’ordre des avocats

Pour certains avocats rencontrés surplace au tribunal ce jour, elle se nommerait Tinnor et qu’elle viendrait du cabinet du Bâtonnier de l’ordre des Avocats Centrafricains Me Jean Hilaire Zoumaldi tandis que d’autres l’identifient comme stagiaire en imprégnation au cabinet de Me Crépin Mboli Goumba.

Joint au téléphone, Me Crépin Mboli Goumba dit ne pas avoir dans son cabinet  une certaine Tinnor tout en indiquant que pour porter la robe des avocats il faut au préalable prêter serment. Il poursuit que même si on est stagiaire ou personnel du cabinet d’un avocat, on n’a pas qualité d’avocat pour ainsi porter la robe. « Il faut d’abord prêter serment pour avoir soit la qualité d’avocat stagiaire et puis après quelques années de stage être confirmé pour devenir avocat plein ».

De sources concordantes, elle serait postulante au métier d’avocat. Cette bévue va incontestablement jouer sur son avenir professionnel. « Sa conduite traduit déjà sa mentalité qui est l’une des conditions pour qu’elle soit admise avocate », ajoute un autre avocat rencontré lors de la suspension de la séance par le président de la Cour Constitutionnelle de transition Zacharie Ndouba à 12 heures.

Usurper les titres n’est pas un fait nouveau en République centrafricaine. Plusieurs personnalités centrafricaines en font de cette ignoble pratique un raccourcis vers la respectabilité. Force est de constater que dans plusieurs cas, les habiles usurpateurs se font toujours démasqués de façon répugnante. Il suffit d’entrer dans la barre de recherche du site kangbi-ndara.info le mot USURPATION pour ensuite lire tous les articles abordant ce phénomène à la limite d’une psychose.

Johnny Yannick Nalimo  

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