Violence à Bangui, la Sangaris accusée par les habitants de Combattants

Sangariskangbi-ndara.info/ Les habitants du quartier Combattant dans le 8ème arrondissement de Bangui accusent les éléments français de l'opération Sangaris d'être à l'origine de la situation qui prévaut actuellement dans la Capitale centrafricaine.

Selon les informations recueillies de diverses sources dans ce quartier où a été retrouvé le corps du musulman à l'origine de la tension, dans la nuit du vendredi à samedi, les blindés français sont entrés dans la concession de la Fédération Nationale des Éleveurs Centrafricains (FNEC) qui se trouve dans le 8e arrondissement et y sont restés pendant des heures avant de s'en aller.

Les sentinelles des petits commerces situés devant la FNEC soutiennent que ce sont les français qui sont venus « déposés le corps avant de se retirer ».

« Au plus profond de la nuit, la patrouille de la Sangaris est entrée au sein de la FNEC. Nous ne savions pas ce qu'ils sont venus faire mais ce matin quand nous avions entendu qu'un corps a été retrouvé ici, nous nous sommes dits que c'est certainement les français qui l'ont déposé ici pour raviver la tension entre les différentes communautés », a déclaré sous couvert de l'anonymat, une sentinelle que nous avons contacté.

« Une fois de plus, ce sont les français qui ont joué ce coup. Tout le monde ici au quartier Combattant sait qu'ils étaient venus à la FNEC hier nuit et on ne peut que conclure que c'est eux qui ont tué le pauvre pour faire porter la casquette de cet assassinat aux jeunes de Combattant, trop c'est trop » nous signale un autre jeune du coin.

D'autres personnes s'interrogent sur le bien fondé d'une telle action. « Admettons que ce sont les jeunes du 8ème arrondissement de Bangui notamment du quartier Combattant qui l'ont tué. Est-ce qu'ils vont vraiment l’emmener ici à la FNEC tout en sachant que ce serait facile de conclure que c'est ici qu'il a été tué? Il faut être bête pour agir ainsi », a précisé ce compatriote contacté par kangbi-ndara.info.

Et un autre de préciser : « ce matin lorsque les musulmans du KM 5 ont été informés de cette situation, ils sont venus Combattant à bord de  15 motos à la FNEC. Ils ont bien vu qu'il n'y a pas de traces de sang là où son corps a été déposé. Ils n'ont rien dit avant de repartir ».

Des informations qui contrastent avec la réalité. Toujours est-il que le ministre de la sécurité publique, Dominique Saïd Panguindji, porte parole du gouvernement questionné sur le sujet a laissé entendre que " les mouvements de représailles des manifestants a été contenu par les forces de la Sangaris, de la Minusca appuyés par la police et la gendarmerie centrafricaine ".

Le bilan provisoire de cette recrudescence d'insécurité dans la Capitale centrafricaine fait état d'une dizaine de personnes tuées et plus d'une trentaine de blessés.

 

 

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