Violences armées au PK5 : la base d’un chef d’auto défense mise à sac par les commerçants

Kangbi-ndara.info/Une semaine noire pour cette zone qui connaît une accalmie depuis la mort de Nimery Matar alias Force, l’un des chefs des bandes d’autodéfense réputées pour leur criminalité dans le quartier PK5 à Bangui.

Residents of the mainly Muslim PK5 neighbourhood lay out bodies of victims of the April 10 clashes during a demonstration in front of the headquarters of MINUSCA, the UN peacekeeping mission in the Central Africa Republic, in Bangui, on April 11, 2018. Seventeen people were killed in a flashpoint Muslim enclave of Bangui, where a UN soldier also reportedly died, an AFP reporter saw on April 11. Residents of the PK5 district laid out the bodies of 17 men in front of the headquarters of the United Nations mission (MINUSCA) in Bangui, saying they had been killed in clashes on April 10 between local armed groups and UN peacekeepers. / AFP PHOTO / FLORENT VERGNES

Le PK5 dans le 3e arrondissement et ses quartiers environnants sont secoués depuis mercredi par des échanges de tirs à l’arme automatique impliquant des groupes criminels actifs dans le secteur. Selon la Minusca, mission de l’ONU pour la Paix en Centrafrique, « cette tension a été déclenchée par des crimes chroniques de rackets commis par ces bandes criminelles contre les commerçants du secteur ».

Les faits :

Mercredi soir, les hommes de Moussa Danda, l’un des gangs réputés pour leurs abus de rackets auprès des opérateurs économiques de la zone, débarquent chez un commerçant – vendeur détaillant d’essence – pour s’approvisionner en carburant. L’homme s’y est opposé suscitant la colère au sein des assaillants. « Par habitude, les autodéfenses viennent prendre le carburant chez ce commerçant du nom de Ahamat Abdoulaye mais ne paient pas. Le mardi, quand ils sont venus, il s’y est opposé, exigeant d’eux de l’argent. Alors, mécontents, ils ont tout saccagé dans sa boutique. Mercredi, ils sont revenus et ont largué une grenade où se trouve le commerçant, tuant un civil. Pris de colère, les autres commerçants se sont organisés et ont contrattaqué, mettant en débandade les autodéfenses », a rapporté  Yassir Rima, un commerçant témoin de l’évènement.

Les affrontements ont fait 6 morts dont 5 dans le rang des bandes armées et, au moins 15 blessés dans les deux camps.

La Minusca a annoncé avoir déployé un dispositif militaire pour éviter un embrasement de la situation. « C’est un quartier où vivent des groupes qui vivent de rackets, de taxes imposées à des commerçants locaux. Mais depuis hier, des patrouilles de la Minusca ont été envoyées sur place », a rassuré Vladimir Monteiro, porte-parole de la mission onusienne en Centrafrique, indiquant que « l’objectif était de s’assurer que les populations n’étaient pas touchées ».

Les tirs ont baissé d’intensité jeudi après-midi, certes, mais la tension est restée tendue dans la zone. Les commerces n’ont pas rouvert et, la circulation des taxis et moto-taxis est restés très limitée.

Max Alaroum




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