Violences meurtrières à Birao : « Ces actes de violence nous les condamnons fermement », Président Faustin Archange Touadera

Kangbi-ndara.info/De retour du Japon en passant par la France où il a été accueilli par le Président français Emmanuel Macron, le Chef de l’Etat centrafricain a, dans un entretien avec la presse, condamné les récents actes de violence perpétrée à Birao par deux factions rebelles rivales.

Radio Centrafrique: M. Le Président vous rentrez au pays après avoir pris part au sommet de TICAD au Japon. Qu’est-ce que le peuple centrafricain peut retenir de cette grand-messe ?
Je vous remercie pour l’opportunité que vous me donnez pour parler de mon déplacement à Tokyo et principalement à Yokohama où se tenait le 7e sommet de la TICAD. Le TICAD est un sommet entre le Japon et l’Afrique. Vous savez que le Japon est une grande puissance et c’est la 7e Edition de cette rencontre où le continent africain et le Japon se réunissent pour discuter des sujets de coopération.


Et vous savez que le Japon contribue dans le cadre multilatérale, et surtout en République Centrafricaine sur les questions humanitaires et bien d’autres problèmes. Mais sur le plan bilatéral ce sommet nous a permis de rencontrer le Premier ministre Chinzo ABBE et de parler entre autre, du retour de l’ambassade du Japon ici à Bangui, et éventuellement de l’ouverture du bureau du GICA. Vous savez que la TICAD, c’est l’occasion de discuter aussi avec des opérateurs, des investisseurs japonais qui sont très entreprenants et qui font beaucoup d’activités en Afrique, y compris en Centrafrique. Et comme vous savez notre pays sort d’une crise et nous avons besoin de développer le secteur privé, c’est pour cela nous avons fait plusieurs rencontres.

Nous avons profité de l’occasion pour inviter les investisseurs japonais à venir investir en République Centrafricaine et aussi à trouver des partenaires centrafricains avec qui, ils peuvent investir sur un certain nombre d’actions en vue de développer notre économie, et de donner de l’emploi à nos jeunes. Il n y a pas que ça. Au Japon, nous avons profité de ce sommet pour rencontrer d’autres chefs d’Etat africains avec lesquels nous avons échangé sur le plan bilatéral. Nous avons rencontré des institutions, notamment l’UNICEF, le PNUD. Vous vous souvenez ? En marge de ce sommet ? Il y a eu un grand évènement puisque GAVI était en train de mobiliser des ressources pour la vaccination.

Notre pays, la République centrafricaine fait partie des 5 pays champions pour la couverture vaccinale, ce qui est très important. Nous avons donc participé à cette mobilisation de ressources qui montre qu’il y a des progrès que nous faisons dans ce domaine. Et bien entendu lors de mon passage, Saint d’Egidio et l’université Sofia de Tokyo m’ont invité à la deuxième conférence qu’ils organisent sur les nouvelles visions de l’Afrique où j’ai pu ouvrir cette séance. Donc, c’est autant d’activités pour représenter notre pays qui sort d’un moment difficile et qui a besoin d’un soutien des pays amis et aussi le soutien des organisations internationales.

M. le Président de retour de Japon où vous avez pris part au sommet de TICAD, vous vous êtes arrêté en France où vous avez rencontré votre homologue Emmanuel MACRON. Que peut-on retenir de cette entrevue ?

Hier j’ai été reçu par le Président Macron. Vous savez que notre pays entretient fort longtemps des relations historiques avec la France. C’était l’occasion de passer en revue l’ensemble de notre coopération, de voir comment la République Centrafricaine et la France peuvent s’engager à renforcer véritablement cette coopération. Et bien entendu, nous avons demandé le soutien de la France. Nous sortons d’une crise et il y a un accord politique, et nous demandons le soutien du Président Macron dans la mise en œuvre de cet accord. Et bien aussi, sur le plan diplomatique, notre pays est sous embargo. Nous avons besoin d’être soutenu pour la levée totale de cet embargo sur les armes en direction de nos Forces Armées qui sont formées et qui ont besoin des moyens pour remplir correctement leur mission. Et puis bien entendu, sur le plan bilatéral, il y a le soutien que la France pourrait nous apporter dans le cadre du développement.

Vous savez qu’on a un programme ici dans le cadre de modernisation de l’administration, dénommé le projet Tamboula qui est très important avec l’ENAM de Bangui et l’ENA de France. C’est un projet très important pour la redynamisation de notre administration. Et bien d’autres programmes aussi, les ponts métalliques que nous avons sollicités pour pouvoir désenclaver une partie de notre territoire. Il y’a bien d’autres projets aussi sur lesquels nous avons échangé avec le président MACRON.


M. le Président, vous étiez absent du pays lorsque Birao a basculé dans la violence. Quel message avez-vous à passer aux centrafricains et quelle sera votre première action face à cette situation ?

C’est avec beaucoup d’amertume que j’ai appris cette triste nouvelle. Le Premier ministre me rendait régulièrement compte, presque heure par heure sur l’évolution de la situation à Birao. Ces actes de violence nous les condamnons fermement. Notre pays a traversé des moments difficiles, aujourd’hui, nous avons signé un accord de paix et nous ne comprenons pas pourquoi nos compatriotes continuent de mettre la vie des populations en danger.

Le Premier ministre a tenu je crois que des réunions de sécurité avec les responsables de la MINUSCA pour sécuriser la population de Birao qui est obligée de se réfugier au sein de la base de la MINUSCA zambienne. Nous avons demandé à la MINUSCA d’agir pour protéger la population civile qui est victime de ces actes de violence que nous condamnons. Et nous appelons à tous les acteurs de ces actes de violence inutile d’arrêter. Car, au niveau de l’accord que nous avons signé, il y a des dispositions dans l’article 34 qui permet de régler les différends autour d’une table. Nous ne comprenons pas pourquoi nos compatriotes continuent avec ces actes de violence. Je sais qu’il y a des manipulations qui sont derrière ces actes de barbarie. L’objectif est de continuer à maintenir notre pays dans des actions de violence et de destruction.


Donc, ce sont des actes que nous condamnons fermement. Je crois qu’il y a un travail qui se fait avec la communauté internationale, l’Union Africaine ; la CEEAC et la MINUSCA pour que ces actes puissent prendre fin.

Source : La Renaissance




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