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11 mai en Centrafrique : déclaration de Virginie Baïkoua, ministre de l’Action Humanitaire et de la Réconciliation Nationale

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  • DÉCLARATION
  • DE MADAME LE MINISTRE DE L’ACTION HUMANITAIRE ET DE LA RÉCONCILIATION  NATIONALE A L’OCCASION DE LA 5ème CÉLÉBRATION DE LA JOURNÉE DU 11 MAI, DÉDIÉE AUX VICTIMES DES CONFLITS MILITARO-POLITIQUES EN RÉPUBLIQUE CENTRAFRICAINE
  • Centrafricaines, Centrafricains ;
  • Chers Compatriotes.

11 mai 2016, 11 mai 2020. Voilà cinq années consécutives que la République Centrafricaine commémore la mémoire de ses filles et ses fils victimes des conflits militaro-politiques que le pays a connus depuis plusieurs décennies.

En instaurant la journée dédiée à la mémoire des victimes des conflits militaro-politiques dans notre pays par un décret en 2015, les plus hautes Autorités de l’Etat de l’époque ont jeté la base légale et historique d’un évènement national majeur qui a été mis en œuvre et amplifié grâce à la volonté politique et la détermination du Président de la République, Chef de l’Etat, le Professeur Faustin Archange TOUADERA.

En effet, il est important de rappeler ici que quelques mois seulement après son ascension à la Magistrature Suprême de l’Etat, le Président de la République a instruit le Ministère en charge de la réconciliation nationale d’organiser le 11 mai 2016, la première de cette journée exceptionnelle.

La commémoration en 2016 de cette première journée du 11 mais n’a pas été sans obstacle.

Entre les incompréhensions et les malentendus politiques sur l’opportunité de cette action à quelques mois seulement de l’arrivée au pouvoir du nouveau Gouvernement et les difficultés financières, le pari fut relevé grâce à la volonté du Président de la République qui a tenu fermement à adreser un message fort sur sa vision et sa détermination de faire prévaloir le droit des victimes par leur inclusion au cœur de la problématique de dialogue pour la paix et la réconciliation véritable en Centrafrique.

En prenant dès 2016, l’engagement historique et politique de promouvoir la reconnaissance des droits des victimes innocentes, des multiples conflits qui ont émaillé l’histoire de notre pays, le Gouvernement n’a pas dérogé à son devoir en organisant chaque année, la journée du 11 mai.

Ce qui a permis aujourd’hui d’inscrire durablement cet évènement, non seulement dans le calendrier des grands moments de communion nationale sur le passé douloureux de notre pays, mais surtout de faire sortir les victimes de l’ombre où elles étaient réduites depuis plusieurs décennies.

C’est ici l’occasion d’affirmer que la commémoration régulière de la journée du 11 mai a été le moteur d’un travail politique de fond qui a permis de doter la République Centrafricaine de deux (02) dispositifs indispensables de justice transitionnelle, à savoir :

  • La Cour Pénale Spéciale pour la Centrafrique ;
  • La Commission Vérité, Justice, Réparation et Réconciliation.
  • Centrafricaines, Centrafricains ;
  • Chers Compatriotes.

Demain 11 mai 2020, notre pays va donc commémorer la 5ème journée dédiée en la mémoire de toutes les victimes des conflits militaro-politiques qui se sont déroulés sur l’ensemble du territoire national.

Le thème retenu par les victimes pour cette année est : « Justice et Réparation pour une restauration des victimes ».

Cette 5ème édition du 11 mai qui est une journée de recueillement et de souvenir en la mémoire des victimes est aussi hélas, un jour de deuil pour nous tous, par la volonté des forces du mal et de la destruction nationale, qui ont, comme vous le savez, sévi tout récemment, en apportant la mort et la désolation à Ndélé.

Ces forces négatives ont aussi frappé dans d’autres régions, villes, communes et villages de notre pays.

Souvenons-nous de nos compatriotes fauchés par la cruauté de ces hommes et ces femmes sans foi, ni loi.

  • Souvenons-nous d’Alindao ;
  • Souvenons-nous de Paoua ;
  • Souvenons de Kaga-Bandoro ;
  • Souvenons-nous de Birao ;
  • Souvenons-nous de Bangassou…
  • Souvenons-nous de nos pères, nos mères, nos frères nos sœurs, de nos enfants, de nos familles,  nos communautés entières massacrées sans raison aucune par les forces du mal et de la destruction nationale.

C’est pourquoi, la justice, doit se faire pour mettre un terme à toute cette barbarie et pour permettre aux familles des victimes de se reconstruire.

Elle doit se faire pour atteindre une paix durable, la véritable paix, celle qui vient du cœur et permet de panser réellement les plaies et de poser les bases solides pour une stabilité forte afin que tous ensemble, nous commémorions les prochaines journées dédiées en la mémoire des victimes des conflits militaro-politiques, sans que ces dernières ne soient entachées par des assassinats, des crimes et d’odieuses tueries massives.

Malgré ces obstacles créés par les ennemis de la paix, le Président de la République n’a pas varié dans sa détermination à lutter contre l’impunité et à restaurer le droit des victimes.

Ceci témoigne de sa vision qui vise l’instauration de la justice pour tous et plus particulièrement pour les plus vulnérables et qui, à terme, amène la réparation.

C’est ainsi que le Gouvernement que dirige le Premier ministre, Firmin Ngrébada, a enclenché le processus de mise en application de la Loi voté au mois février 2020 par l’Assemblée Nationale, créant la Commission Vérité, Justice, Réparation et Réconciliation (CVJRR).

Au nom du Président de la République, Chef de l’Etat et du Premier Ministre, Chef du Gouvernement, je vous souhaite à tous de commémorer la journée du 11 mai 2020 dans le recueillement avec une pensée profonde et de l’empathie à l’endroit de toutes les victimes innocentes qui sont parties, mais aussi de celles qui survivent.

Que le Tout Puissant bénisse notre pays, la République Centrafricaine.

Je vous remercie.