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CENTRAFRIQUE : « OBJECTIF: TUER LE PRÉSIDENT TOUADÉRA POUR PROVOQUER UNE NOUVELLE TRANSITION »

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Au fur et à mesure que le temps passe, les langues se délient, des choses se précisent et certaines vérités commencent à sortir. Mais cette vérité sort surtout de la bouche des proches de l’ancien président François Bozizé Yangouvonda, le n°1 du parti KNK. Certains sont des militaires mais fortement politisés, qui refusent même de répondre à l’appel du haut commandement de l’armée depuis que Bozizé est rentré clandestinement à Bangui en mi-décembre 2019. D’autres sont des « miliciens professionnels » qui ont œuvré successivement dans les milices pro-Bozizé dénommées Cocora, Coac, et le groupe Anti-balaka, lequel n’est rien d’autre que la fusion des deux précédentes milices, groupe auquel se sont joints des éléments, gradés et officiers des forces de défense et de sécurité dont des militaires en grand nombre.

« Touadéra ni a lingbi gui na kwa ti tènè i goué na mbéni fini transition ». Autrement dit en français facile: « Touadéra ne mérite que la mort afin que nous puissions aller à une nouvelle transition ».

C’est la chanson qui était sur les lèvres de la plupart des conducteurs de taxi-motos et de leurs passagers le samedi 02 mai dernier à Lakwanga, entre le bar dancing Mbi Yé et l’école primaire de Lakwanga, lorsqu’ils avaient créé un attroupement inutile devant le salon de coiffure où leur idole François Bozizé s’était rendu pour se tondre les cheveux. Plus de 50 taxis-motos et motos des particuliers, venus pour «protéger» leur homme, comme si celui-ci était menacé d’arrestation.

Le camp Bozizé continue de mettre dans la tête des gens que leur idole est menacée d’arrestation arbitraire. Et ce n’est plus un secret pour personne que ces proches de l’ancien président François Bozizé se promènent régulièrement avec des sacs contenant des armes et munitions de guerre, surtout dans le secteur Nord de Bangui à sa sortie, et le plus souvent même au vu et au su de tous.

Les plus maladroits et inutilement gonflés des proches de l’ancien président Bozizé disent à qui veut entendre que: «C’est Bozizé qui retarde sinon nous, on est déjà prêt pour passer à l’offensive. Nous avons les moyens et des hommes qui peuvent renverser la situation. Nous allons inviter toutes les forces vives de la nation à trouver le chemin et la formule de gestion de la nouvelle transition et les gens verront ce qu’ils verront », a déclaré à haute et intelligible voix un des supporters de l’ancien président Bozizé sur l’avenue Barthélémy Boganda. Et précisément pendant l’attroupement de Lakwanga.

Nos investigations nous autorisent à révéler les faits et propos tendant à confirmer:
-l’esprit vindicatif ou la volonté de vengeance qui anime les proches de Bozizé Yangouvonda, tous partisans d’un coup d’Etat sauvage et immédiat;
-les partisans de Touadéra sont les plus visés par ceux qui envisagent le coup d’Etat, ce qui est bizarre et paradoxal d’autant plus que ce ne sont pas ceux-ci qui étaient à l’origine de la chute du président Bozizé le 24 mars 2013;
-des tenues militaires sont distribuées à des civils et miliciens anti-balaka, avec la consigne ferme de les porter lors d’une grande manifestation publique qui aurait lieu bientôt à Bangui. Ceci, pour créer la confusion au sein des FACA et des GP au cas où ces derniers avaient l’intention de tirer sur la foule;
-il y a de dangereuses et massives infiltrations de la ville de Bangui ces derniers temps/

La stratégie consiste à créer des situations de troubles dans plusieurs villes et localités de l’arrière-pays en vue d’attirer l’attention de la MINUSCA. C’est lorsque les troupes de la MINUSCA auront les yeux tournés vers les provinces que quelque chose va se produire à Bangui mettant aux prises les GP et les FACA acquis à la cause de Touadéra aux FACA-balaka soutenus par des anti-balaka rodés dans le maniement des armes et de nouvelles recrues déjà bien formées et dont la supériorité numérique, tactique, matérielle et militaire pourrait provoquer le renversement du président Touadéra.

En cas d’échec du putsch, la RCA deviendrait comme la Somalie, c’est-à-dire un pays ingouvernable à cause de l’insécurité entretenue par des groupes armés séparatistes.

Affaire à suivre.

Source: MEDIAS+ 05.04.2020